Amnesty International accuse la Police française

police

L’ONG dénonce les pratiques de certains policiers français dans un rapport publié ce Jeudi !

Dans un rapport rendu public jeudi et  intitulé « France : des policiers au dessus des Lois », l’organisation des droits de l’Homme dénonce «l’impunité» dont bénéficient selon elle certains membres des forces de l’ordre.
En effet, les plaintes pour homicide, passage à tabac, injure raciste et usage abusif de la force par la police «ne sont pas souvent suivies d’enquêtes effectives» et «les responsables de ces actes sont rarement traduits en justice» accuse le rapport. En 2006, d’après les seuls chiffres fournis par la police des polices et qu’Amnesty a réussi à récupérer, sur 639 «allégations de faits de violence» commis par des agents de la force publique, seules 114 sanctions disciplinaires ont été prononcées pour «violences avérées», et 8 radiations d’agents concernés ont été ordonnées. Un ratio très faible qui prouverait que beaucoup sont « couverts » en haut lieu malgré des agissements violents et illégaux.
L’ONG a illustré son rapport avec une douzaine de cas très représentatifs. Parmi eux,on peut citer le cas de la mort d’un jeune cuisinier tunisien de 22 ans le 13 mai dernier. Abdelhakim Ajimi est mort à Grasse au moment de son interpellation. Menotté, un policier appuyé sur lui, il subit une clé d’étranglement. Le procureur de la République de Grasse a donc ouvert une enquête pour «homicide involontaire». Les deux policiers soupçonnés d’avoir provoqué la mort d’Abdelhakim Ajimi ont bien été convoqués devant le juge d’instruction le 16 décembre, mais sans être mis en examen pour l’instant.
Le rapport d’Amnesty dénonce également des attitudes discriminatoires à l’égard des minorités « visibles » et des personnes dites « vulnérables » (migrants en situation irrégulière, réfugiés, sans domicile fixe, femmes).
Autre fait scandaleux pointé par le rapport, celui dit des «représailles». Les policiers n’hésitent pas à lancer des plaintes pour «outrage » ou rébellion contre des victimes ou des témoins de mauvais traitements. Elles ont fortement augmenté entre 1995 et 2008, passant de 10 215 à 21 257 soit une explosion de 108 % .
Au ministère de la Justice on «dément formellement» les accusations du rapport. Le syndicat d’officier de police Synergie affirme pour sa part ne pas vouloir répondre «aux grossièretés et à la caricature». Pour Amnesty International, lutter contre l’impunité pourrait contribuer à améliorer les rapports entre les représentants de l’autorité et la population.

Pour lire le rapport d’Amnesty en entier, c’est par ici !

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