Attentats de Volgograd : la rumeur de la piste saoudienne

Des fuites diplomatiques datant de l’été 2013 pointent du doigt le rôle trouble de l’Arabie Saoudite dans les attentats de Volgograd en Russie.


C’est un article plutôt troublant du très sérieux Telegraph datant du 27 août 2013 qui, mis en lumière postérieurement aux attaques terroristes de Volgograd, sème le trouble.
Pour rappel, fin décembre 2013, deux attentats-suicides en l’espace de deux jours avaient fait au moins 34 morts à Volgograd.

Or, un article du Telegraph – datant d’avant ces attentats – rapporte les échanges décrits comme houleux lors d’une réunion datant de l’été 2013 entre Vladimir Poutine et le prince Bandar, responsable des services de renseignement saoudiens.
Officiellement (selon l’AFP), les deux hommes s’étaient entretenus lors d’une réunion le 8 août 2013, réunion au cours de laquelle le président russe Vladimir Poutine avait rejeté une proposition saoudienne de lâcher Bachar el-Assad en échange d’un énorme contrat d’armement et d’une plus grande influence dans le monde arabe.
La dépêche AFP précise d’ailleurs qu’antérieurement, en 2009, Bachar El Assad refusa de signer un accord avec le Qatar pour la mise en place d’une pipeline qui irait du Golfe à l’Europe via la Syrie. Le président syrien entendait ainsi protéger son allié russe, fournisseur principal en gaz pour l’Europe.
Enfin, l’article de l’AFP précise qu’au cours de cette réunion, Poutine aurait poliment écouté son interlocuteur avant de lui faire savoir que son pays ne changerait pas sa stratégie. Une fin de non recevoir qui n’aurait pas été du goût du prince Bandar, si l’on en croit les fuites rapportées par le Télégraph, trois semaines plus tard.
En effet, The Télégraph relaie quant à lui le 27 août 2013 des fuites diplomatiques relatives à cette fameuse rencontre Poutine / Bandar. Ces fuites auraient été transmises d’abord à la presse russe, puis révélées par le journal libanais As-Safir. Les propos rapportés sont néanmoins à prendre avec des pincettes, car ce journal dont la tendance est à gauche est réputé comme étant plutôt pro-régime syrien.
Selon ces fuites, l’ambiance au cours de cette réunion était électrique. Le prince Bandar, venu pour persuader Poutine de lâcher son allié syrien, se serait engagé à protéger la base navale russe en Syrie si le régime de Bachar el Assad venait à être renversé. Plus troublant, Bandar aurait fait allusion à des attaques islamistes tchétchènes égratignant la sécurité des Jeux Olympiques de Sotchi si Poutine n’acceptait pas un accord sur la Syrie :

 « Je peux vous apporter la garantie de sécuriser les Jeux olympiques de Sotchi l’an prochain. Les groupes tchétchènes qui menacent la sécurité des jeux, c’est nous qui les contrôlons, et ils ne bougent pas en territoire syrien sans que nous nous coordonnions. Ces groupes ne nous font pas peur. Nous les utilisons contre le régime syrien, mais ils n’auront pas de rôle dans l’avenir politique du pays ».

La réponse du président russe aurait été sans équivoque :

« Nous savons que vous soutenez les groupes terroristes tchétchènes depuis une décennie. Et ce soutien, dont vous venez de me parler franchement, est incompatible avec l’objectif de lutter contre le terrorisme mondial ».

Toujours aussi troublant, le Telegraph rapporte que Bandar aurait à l’occasion de ses multiples mises en garde parlé d’un « coup de théâtre » à venir en Syrie, avant d’avertir qu’il ne pourrait y avoir « qu’une option militaire » si Poutine n’acceptait pas l’accord. 13 jours plus tard, le scandale du « massacre à l’arme chimique » par l’armée syrienne explosait, avant d’être utilisé comme prétexte par la France pour mener une opération militaire en Syrie.
Si ces fuites ne sont pas authentifiées, certains blogueurs s’interrogent néanmoins sur le rôle ambigu et potentiellement déstabilisateur dans la région et dans le monde de l’Arabie Saoudite, alliée de la France et des Etats-Unis. L’hypothèse d’attentats exécutés par des groupes wahabites, téléguidés par des saoudiens à la solde des Etats-Unis pour venger la résistance russe sur le dossier syrien n’est donc pas totalement improbable.
Sources :
The Telegraph
International Business Times
Al Monitor
As Safir
Voice of Russia

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Kerry
Kerry
12 janvier 2014 14 h 50 min

Conspirationisme.

zeze
zeze
12 janvier 2014 15 h 03 min

La France a du sang sur les mains, mais ce n’est pas grave, il y a plus important à faire, interdire la quenelle.

snipe960
snipe960
14 janvier 2014 1 h 39 min

g du sang sur les miennes mais seulement le miens ! à si l’on pouvez s’entre tuez qu’entre semblable du même territoire qu’elle avancer fantastique pour ce pathétique mammifère que je suis