Brétigny : le courrier prophétique de Christian Brochet à la SNCF

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En novembre 2010, il avait écrit une lettre à la SNCF dénonçant 36 anomalies sur la voie 2 qui  jouxte la voie 1 où quatre wagons ont déraillé.

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Ce technicien a fait toute sa carrière dans l’industrie mécanique et a dirigé pendant quinze ans l’atelier familial installé à Antony (Hauts-de-Seine) où ses treize salariés fabriquaient des pièces métalliques pour la SNCF, son plus gros client.

Voici la lettre qu’il écrivait à la SNCF en 2010 :

« Monsieur, j’emprunte assez fréquemment le RER en gare de Brétigny. Donc, je prends le train habituellement sur le quai de la voie 2, et l’autre jour, quelle ne fut pas ma stupeur, en regardant les rails, de constater […] 36 anomalies liées à la fixation du rail le plus proche de moi. »

Cette voie est empruntée largement par les trains RER qui ne roulent pas vite en gare. Mais des trains rapides passent aussi sur cette voie. Alors? Où est l’entretien qui doit assurer un bon service et la sécurité? Ce que j’ai vu n’est qu’une petite portion de voie. Que penser du reste du réseau? »

La SNCF répondra à sa lettre presque trois mois plus tard, le 15 février 2011 :

« Je tiens à vous assurer qu’il n’y a aucun défaut d’entretien sur cette zone. Cet état est connu, surveillé et respecte toutes nos normes : il n’y a aucun risque de sécurité », insiste même la SNCF qui précise, quand même, qu’une « intervention a été programmée […] pour rétablir l’efficacité des attaches ».

Étonné par la légèreté de la réponse de la SNCF, Christian Brochet adressera un second et dernier courrier à l’entreprise ferroviaire le 25 février 2011, dans laquelle il dira :

« L’absence constatée de ces fixations constitue une faute grave et peut mener à une catastrophe. »

Interrogé par le Parisien, voici ce que l’homme a récemment déclaré :

« Je connais l’exigence de la SNCF sur la qualité des pièces métalliques qu’elle commande. A l’époque, les produits étaient régulièrement et minutieusement contrôlés en laboratoire. Pour moi, s’il y a eu défaillance, il faut regarder du côté de la maintenance des voies. Il y a eu négligence et le courrier de la SNCF montre que c’était même assumé. »

Sinon, dans le même ordre d’idées, il y avait ce tweet datant du 7 juillet 2013 qui tournait sur la toile juste après l’accident :

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DRAGO
DRAGO
18 juillet 2013 12 h 53 min

en gros si la SNCF augmente de plus en plus ses tarifs c’est pas pour la maintenance quoi !

MisterProvoc
MisterProvoc
18 juillet 2013 19 h 24 min

Ce mec est irresponsable. Certes il a contacté la SNCF. Mais son courrier prouve qu’il avait conscience du risque et n’a rien fait pour dénoncer ce pb aux autorités. Sa responsabilité est donc largement engagée dans la catastrophe. Par exemple, si vous constatez que votre chauffeur de bus est ivre et que vous vous contentez de prévenir la RATP, vous êtes tout autant responsable, c’est la police qu’il faut contacter.

GP
GP
12 août 2013 22 h 48 min

Problème de maintenance, peut être. Espérons que l’enquête dira comment cette éclisse est arrivée à se libérer de 4 boulons de diamètre 20mm serrés à refus avec une clé de 1m50 Dans le cas où on envisage le desserrage à cause des vibrations, un seul boulon, même desserré partiellement suffisait à maintenir cette pièce sur le rail, . Mais à quoi servait les rondelles « grower » et le serrage à refus avec une clé de 1m50 ? Un message sur le net, signale une intervention de maintenance au cours des semaines précédentes dans le secteur. Suivant une photo figurant sur le… Lire la suite »