Ce jour où la Révolution syrienne est devenue une guerre civile

Du moins aux yeux des gens, selon l’outil Google Trends, qui modélise la fréquence des mots-clés tapés par les internautes sur Google. Imparfait, mais néanmoins révélateur de la perception qu’ont les gens d’un évènement.

Pour le dossier syrien, nous voyons que dès le départ des tensions dans ce pays – début 2011 – le terme « Syrian revolution » est majoritaire, tandis que l’usage des mots-clés « Syrian conflict » et « Syrian civil war » sont quasi-inexistants. A la décharge de l’opinion publique, nous étions encore à l’époque dans une croyance de contagion du Printemps Arabe, à l’origine véritable mouvement non pas pour réclamer la démocratie à l’occidentale mais juste pour protester contre le chômage et dénoncer la corruption grossière (c’est tout bête au final).

D’ailleurs, le vocabulaire employé à l’époque par un informateur qui avait publié l’info sur EVO était sans équivoque : il parlait bien de « crise sociale et politique ». C’est bizarre, mais le mot « social » n’est plus réapparu nulle part quand les journalistes n’ont fait que réciter la leçon qu’Hillary Clinton leur avait soigneusement appris…

Ce n’est qu’en Juillet 2012, soit plus d’un an après le début des festivités, qu’une hausse des recherches relatives à un conflit civil se fait remarquer. Elle coïncide selon le Washington Post à une attaque des rebelles à Damas tuant des hauts-gradés du régime baasiste de Bachar El Assad. Le terme de « révolution » reste néanmoins dominant tout l’été.

C’est finalement au mois de septembre 2012 que le mot-clé de « guerre civile » prend le pas sur celui de « révolution syrienne », concordant avec une suite d’affrontements armés. Depuis, le terme de « guerre civile » domine largement celui de « révolution », mettant à mal toutes les théories fumeuses entendues dans les médias pendant…allez… un an ? D’ailleurs, la page Wikipedia relative à cet évènement s’intitule très simplement « Guerre civile syrienne ».

Au-delà du simple croisement des courbes constaté par le Washington Post, on peut conclure une chose : il aura fallu un an et demi pour que les gens comprennent que la soupe servie par les journalistes (asservis ou juste incompétents ? Je pencherais pour la deuxième option, qui m’inquiète plus que la première en fait) n’étaient que des foutaises.

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2 Comments

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  1. Ça aurait pu être une « révolution », mais la dictature en place s’est révélée pire que celles des voisins.

    Le fait est que le pays est dirigé par la dictature d’une minorité religieuse, mise en place par la France. Cette minorité n’a aucun sentiment fraternel envers le reste majoritaire du peuple syrien.

    Après les exactions commises sur les sunnites (des assassinats politiques à la pelle, des attaques chimiques contre des villages dans le passé proche, des restrictions religieuses importantes et bien sûr une corruption à tous les niveaux interdisant à chacun tout espoir de « réussir » sa vie) la minorité alaouite sait qu’elle risque de payer une facture très salée, la guerre devient donc une question quasiment de survie.

    Et bien sûr, la Russie protège et arme la dictature en place.

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