C’est quoi la valeur de travail d’un smicard ? Réponse…

… 100 euros. Et vous allez comprendre pourquoi à la fin de cet article.

Je me suis posé la question, très souvent. J’essayais de faire des comparatifs, des calculs.

Et puis , qu’appelle-t-on « valeur de travail » ? On entend cette expression à toutes les sauces, dans la bouche des politiques et ailleurs, mais sait-on vraiment à quoi ces mêmes politiques font référence?

On tape alors « valeur de travail » dans Google et on trouve cette définition :  » Pour les économistes du XIXe siècle, et notamment Ricardo et Marx, la « valeur travail » est un concept précis qui renvoie à l’idée que la valeur d’échange des marchandises est proportionnelle à la quantité de travail qu’elles incorporent. Ainsi, la notion de « valeur travail » s’oppose à la notion de « valeur utilité » comme fondement de la valeur des marchandises, et à l’idée que la loi de l’offre et de la demande serait ce qui déterminerait le prix des marchandises. On se réfèrera aux articles homonymes : valeur travail (économie) et théorie de la valeur (marxisme)

De nos jours, l’expression valeur travail a acquis un sens moral. Nous sommes ici dans le domaine affirmé de l’idéologie, en tant que science des idées, ou moyen de représentation du monde. Selon le système de valeur, le travail peut y avoir une place plus ou moins importante et il peut y être plus ou moins bien considéré. »

On creuse un peu, on veut en savoir plus, et rapidement, donc on reste sur Wikipédia.

On lit quelques pensées des grands économistes des deux derniers siècles, les théoriciens du système dans lequel on vit.

On tombe sur Adam Smith, c’est inévitable, et on apprend que, oui,  » la valeur varie en fonction des circonstances « .
A garder à l’esprit pour plus tard…

Et puis, je tombe sur un très bon article qui explique concrètement ce que c’est, la valeur de travail pour un smicard.

« Et bien aujourd’hui, on le sait , puisque la valeur travail, c’est accepter toute offre d’emploi qui correspond à 70 pour cent du salaire antérieur.

Donc, à nos calculettes, à nos comparatifs.

Prenons le cas de Robert, adepte de la valeur travail.

Robert a voté Sarkozy le 6 mai, à l’ouverture du bureau de vote. Le 6 juin, Robert qui s’en allait gaiement travailler en sifflotant la Marseillaise a trouvé dans sa boite aux lettres un avis de licenciement. Robert n’est pas regardant et soucieux de ne pas rester à la charge de la société. Il gagnait le SMIC mensuel, il a le droit à 23 mois de chômage à 60 pour cent de ce même smic soit environ 600 euros, mais il n’a pas l’intention de rester les bras croisés, ah ça non, et le déficit alors.

Robert est donc prêt à accepter n’importe quel autre boulot au SMIC.

D’ailleurs Robert est confiant : le Président et l’ANPE sont là pour aider ceux qui veulent s’en sortir, c’est pour ça qu’ils punissent ceux qui ne veulent pas. D’ailleurs Robert est rassuré : dès son inscription à l’ANPE, on lui propose tout un tas de choses : trois ateliers différents sur la recherche d’emploi, un rendez-vous mensuel, des convocations à divers forums de l’emploi.

Le temps passe vite, avec l’ANPE. C’est fou d’ailleurs comme tout s’accélère quand on est au chômage

Les jours raccourcissent, c’est déjà le moment de payer la mutuelle et la cantine des gosses, quand au crédit maison, on dirait qu’il y a maintenant deux traites par mois.

Enfin l’essentiel, c’est de retrouver vite fait du boulot. Robert répond à tout un tas d’offre d’emplois. Bien sûr Robert ne postule pas pour les mi-temps, il veut un vrai boulot parce que sinon, impossible de faire face longtemps. Bien sûr Robert n’a plus vingt ans, alors les chantiers ou cuistot avec le dos en compote, impossible. Non, Robert voudrait juste un boulot dans le genre de celui d’avant.

Six mois, ça a passé vite. Et pourtant tout a changé. Le dimanche, Robert est crevé : entre le stage de remobilisation à une heure de bus car l’essence est trop chère, les deux rendez-vous chez l’assistante sociale pour obtenir une aide pour la cantine des gosses, l’entretien d’embauche qui a foiré, Robert, s’il osait , dirait qu’il a l’impression d’avoir bossé.

Il n’ose pas. Il n’ose plus grand-chose, Robert depuis qu’il a osé sans y penser refuser un CDD de six mois comme cariste dans un entrepôt.

Lui, ça lui paraissait pourtant évident que ça n’avait aucun intérêt, ce boulot de six mois, plus le temps de chercher un vrai taf sur la durée, le retour au chômage après, non merci à quarante cinq ans passés. La conseillère anpe pourtant l’a très mal pris, de très haut, elle lui a fait comprendre qu’à son âge , plus on reste sans bosser et plus on devient suspect aux yeux des patrons.

Robert a trouvé ça un peu gros, à peine quatre mois qu’il est au chômage quand même. Rien de comparable avec ces glandus qui vivent aux crochets des Assedic pendant des années.Robert comprend bien qu’on les asticote, ceux là et qu’on leur mette les points sur les I, mais lui, il a pas besoin de ça, les lettres de relance du crédit conso lui suffisent largement.

D’ailleurs, trois mois plus tard, Robert est à nouveau un honnête travailleur.

La conseillère ANPE de Robert lui a un jour tendu une offre d’emploi en lui rappelant la nouvelle réglementation en vigueur.

Robert fait le même boulot qu’avant, d’ailleurs sa boite sous traite pour son ancien employeur. Mais Robert ne bosse que 26h par semaine, au même tarif, le Smic horaire.

Robert s’emmerde autant qu’avant au boulot, enfin un peu moins, à vrai dire, parce que Robert maintenant, pense tout le temps à ce qui va se passer à la fin de son RMA. Il sait que c’est pas la peine d’espérer un CDI, le patron a pas intérêt à ça , ni un temps plein : pour le faire bosser, le patron reçoit des aides, alors deux ou même trois gars en RMA, c’est toujours moins cher qu’un seul en CDI.

Maintenant Robert sait combien ça vaut la valeur travail.

Au chômage, Robert touchait six cent euros. Robert, pour être considéré comme un chômeur honnête a du accepter ce boulot à huit cent euros net . C’aurait été 700, Robert aurait du le prendre quand même : il avait déjà refusé une offre correspondant à soixante dix pour cent de son ancien salaire, à la seconde, c’est la sanction. Robert était de toute façon condamné à accepter d’aller bosser dès lors que le salaire dépassait de cent euros ses allocations chômage.

La valeur travail, est donc évaluée à 100 euros pour un Smicard. 100 euros, même pas une semaine de courses convenables pour une famille, même pas une semaine de loyer pour un trois pièces en région parisienne. Cent euros, le prix de deux cartouches de clopes , même pas de quoi griller son paquet par jour en pensant à la vie qui passe.

Au temps ou la valeur travail n’était pas une donnée universelle, une table de la Loi, au temps ou les travailleurs comme Robert trouvaient normal que ces fainéasses de bourgeois qui licencient à tour de bras financent au moins une assurance chômage jusqu’à ce que les gens aient trouvé un vrai boulot, Robert aurait touché 80 pour cent de son ancien salaire jusqu’à ce qu’il ait trouvé quelque chose qui lui permette au moins de survivre.Un temps lointain, ou les pauvres avaient des idées scandaleuses, comme trouver un boulot qui paye, et ne se lever à six heures que si ça leur rapportait vraiment plus que rester au lit.

Aujourd’hui les Smicards comme Robert qui passent par la case chômage, auront le choix : aller bosser pour que dalle et n’importe ou, et crever à petit feu, s’endetter un peu moins vite, ou tout perdre d’un coup, éventuellement aller pointer au RMI ou au rien, si les conditions ne sont pas remplies.

Au fait, deux jours après avoir contraint Robert à aller bosser pour gagner 100 euros de plus qu’au chômedu, le gouvernement vient de lui en retirer quarante sur les allocations familiales de ses gosses. »

Sources : Wikipédia, Collectif RTO
Photo d’illustration : http://www.fantomasfr.eu/biblio/MonnaieSinge01.JPG

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Pierrot
Pierrot
25 juin 2009 16 h 14 min
noelle
noelle
25 juin 2009 19 h 29 min

Pierrot, tu ne peux pas t’empêcher, hein? Tu as besoin de contact avec moi. J’ai bien noté mes sources et mis les guillemets quand le texte n’est pas le mien. Je le précise même dans l’article. Quant à toi, fais ce que tu veux, mais j’ai fait un tout petit peu plus que copier un lien.

Jean Bon
Jean Bon
3 août 2009 2 h 40 min

Si on part du principe que le RMI est un du,alors c’est comme ci on travaillait pour le smic – le rmi en travail payé puisque le reste étant donné sans rien faire.Cela veut dire qu’un salaire pour 151h par mois est d’environ 500 euros.Ca donne vraiment pas envie d’aller se casser le cul tout les matins.