Chez les Romains, le comble du plaisir est dans le baiser, pas le pénis

http://etrangenon.blogspot.fr/2012/03/chez-les-romains-le-comble-du-plaisir.html
http://www.rue89.com/sites/news/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2012/01/pieces_antiques.jpgLoin de l’imaginaire des péplums et autres clichés, le sexe chez les Romains se fondait sur une conception différente du couple. Entretien avec l’historien Thierry Eloi.
Une capture d’écran de l’article du Guardian, évoquant les pièces de monnaie retrouvées
Début janvier, des pièces de monnaie pornographiques ont été retrouvées près de la Tamise, à Londres. On y voit distinctement un couple en train de faire l’amour. A priori et selon le Guardian, ces pièces servaient de monnaie d’échange aux Romains, dans les lupanars, maisons closes de l’époque.
L’érotisme masculine dans la Rome antique
C’était bien l’occasion d’interviewer Thierry Eloi, maître de conférence dont les recherches passionnantes portent, comme l’indique le titre de son livre, sur l’érotisme masculin dans la Rome antique.
Hormis ces pièces, existait-il une pornographie romaine ?
Je pense notamment aux mosaïques de Pompéi, dont on dit qu’elles servaient à exciter les clients et à annoncer les spécialités des prostituées…
Ces types de piécettes et de tableaux érotiques sont destinés à être représentés dans les lupanars, parce que ce sont les lieux de déversement du plaisir.
La vie des Romains est très compartimentée. Qu’il existe de la pornographie à Rome, oui, mais destinée à qui et quand ? On ne peut pas imaginer un homme romain parler de guerre et, d’un seul coup, se mettre à parler de sexe. Les espaces sont bien déterminés.
Un Romain partage ses journées en deux : le matin, il consacre son temps à sa vie de citoyen soldat ; ensuite, vers midi, il passe aux thermes. Ils sont nécessaires, comme un sas de transition entre le sérieux du matin et l’espace restreint qui est celui du banquet de l’après-midi.
Une mosaïque d’un lupanar de Pompéï (Renée Greusard/Rue89)
Dans votre livre, vous insistez sur notre vision faussée du sexe dans la Rome antique…
Oui, on a par exemple souvent dit que les Romains pratiquaient déjà l’homosexualité dans l’Antiquité. Il y a eu une quête d’un modèle prestigieux, pour mieux lutter contre les discriminations actuelles.
Seulement, je mets au défi quiconque de me traduire en grec ou en latin le mot homosexuel, et même le mot hétérosexuel, et même le mot sexuel tout court. S’il n’y a pas ces mots, c’est qu’il n y a pas de pratiques sexuelles équivalentes.
Ce qu’on appelle la sexualité aujourd’hui est un concept issu de la psychanalyse. C’est une construction globale intérieure, qui englobe le rapport aux parents, à son milieu social, au premier rapport. C’est un anachronisme de vouloir exporter ce modèle issu de la bourgeoisie capitaliste dans la Rome antique.
Cela ne veut pas dire que les Romains et les Grecs ne connaissent pas la volupté, mais elle est complètement différente de ce que nous appelons la sexualité.
Il y a aussi tous ces mythes qui circulent autour de la pédérastie…
Ah, le fameux sujet de la pédérastie… Il faut d’abord redire ce que c’est. Dans le monde grec, les individus ont besoin d’un passage du monde enfant. C’est un moment d’initiation.
Mais comme dans toutes les cultures d’ailleurs, aujourd’hui, ce serait juste plutôt le permis de conduire, la première relation sexuelle ou ce genre d’événements.
Chez les Grecs, les choses se passent de la manière suivante : un adulte libre de 25 ans – ce qui exclut les esclaves et les femmes – enlève publiquement le fils de son voisin âgé de 16 ans. Ce n’est pas un moment triste, il y a d’ailleurs une fête avec des guirlandes, des costumes particuliers, etc.
Ce serait une insulte publique que le jeune ne soit pas l’objet du désir d’un autre. et le père du jeune incite même à cet enlèvement en disant :
« Hé, dépêche-toi d’enlever mon fils ! Il est pas beau, mon fils ? »
Ensuite, le jeune homme et son « kidnappeur » vont dans la brousse, un peu comme dans certaines tribus et il y a ensuite un rite de pénétration : le plus vieux sodomise le plus jeune.
Mais alors seulement, le couple revient à la ville. Le sens de ce voyage, c’est d’arracher publiquement le fils à son cercle familial. Ce rituel d’intégration sert dans la construction culturelle des Grecs à faire éprouver le féminin et le campagnard au jeune avant qu’il n’y renonce à jamais, puisqu’il sera ensuite un jeune masculin dans une société civique.
Mais il n y a aucun désir dans cette affaire, cette construction est une obligation et elle est sociale.
( La Suite )

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27 mars 2012 21 h 24 min

Je comprends pas trop la … Si je suis le texte (enfin comme je le comprends): Ils ne pratiquaientt pas d'acte homsexuels, car aujourd'hui un acte homosexuel est un acte de desir etc.. Mais le vieux sodomisait le jeune juste comme ca paf parceque cetait la tradition mais sans desir. Je suppose qu'il n'ejaculait pas alors puisquil ny avait pas de desir, et puis il ne bandait pas non plus. Il devait surement mettre une atelle sur son sexe alors. M'enfin en tout cas a moi ca me semble bien etre des actes homosexuel acceptes comme normaux dans la societe… Lire la suite »