Des vérités à qui ne veut pas l’entendre

Courageux et avancé, et donc incompris

On s’aperçoit de nos jours que chez nos hommes politiques, le courage ne semble émerger qu’à partir d’un âge relativement avancé.


1967/01/17

Dwight David Eisenhower est le 34e président des États-Unis, durant deux mandats du 20 janvier 1953 au 20 janvier 1961.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il est général cinq étoiles de l’armée américaine, et commandant en chef des forces alliées en Europe. Il est membre du parti républicain. Il est chef d’État-Major général des Forces Armées des États-Unis de 1945 à 1948 et le commandant suprême des forces alliées en Europe du 2 avril 1951 au 30 mai 1952.

En tant que président des États-Unis, il supervise le cessez-le-feu en Corée, lance la course à l’espace, développe le système des autoroutes inter États et fait du développement de l’armement nucléaire l’une de ses priorités dans le cadre de la guerre froide avec l’URSS.

Son discours de fin de mandat de président resta célèbre en raison de la mise en garde contre le « complexe militaro-industriel ».

« Bonsoir, chers concitoyens Américains. (…)

Nous vivons aujourd’hui dix ans après le milieu d’un siècle qui fut le témoin de quatre guerres majeures entre de grandes nations. Trois d’entre elles ont impliqué notre propre pays. (…)

Au travers de l’aventure d’un gouvernement dans la liberté pour l’Amérique, nos buts premiers ont été de préserver la paix, de stimuler les progrès de la réalisation humaine et d’e faire grandir la liberté, la dignité et l’intégrité parmi les peuples et les nations. Ne pas s’efforcer d’en faire autant serait indigne d’un peuple libre et religieux. (…)

La progression vers ces nobles buts est constamment menacée par le conflit qui s’empare actuellement du monde. (…) Malheureusement le danger qu’elle présente promet de durer longtemps. Pour y faire face avec succès, nous sont demandés, non pas tant les sacrifices passionnés et transitoires des temps de crise, que ceux qui nous rendt capables de porter sans faillir, sûrement et sans se plaindre le fardeau d’une longue et complexe lutte, dont le prix est la liberté.(…)

Mais des menaces, nouvelles de par leur nature ou leur degré, surgissent constamment. (…)

Un élément essentiel pour conserver la paix est notre système militaire. Nos bras doivent être puissants, (…).

Jusqu’au plus récent conflit mondial, les États-Unis n’avaient pas d’industrie d’armement. Les fabricants américains de socs de charrues pouvaient, avec du temps et sur commande, forger des épées. Mais désormais, nous ne pouvons plus risquer l’improvisation dans l’urgence en ce qui concerne notre défense nationale. Nous avons été obligés de créer une industrie d’armement permanente de grande échelle. De plus, trois millions et demi d’hommes et de femmes sont directement impliqués dans la défense en tant qu’institution. Nous dépensons chaque année, rien que pour la sécurité militaire, une somme supérieure au revenu net de la totalité des sociétés US.

Cette conjonction d’une immense institution militaire et d’une grande industrie de l’armement est nouvelle dans l’expérience américaine. Son influence totale, économique, politique, spirituelle même, est ressentie dans chaque ville, dans chaque Parlement d’Etat, dans chaque bureau du Gouvernement fédéral. Nous reconnaissons le besoin impératif de ce développement. (…)

Dans les assemblées du gouvernement, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime existe et persistera. Nous ne devons jamais laisser le poids de cette combinaison mettre en danger nos libertés et nos processus démocratiques. Nous ne devrions jamais rien prendre pour argent comptant. Seule une communauté de citoyens prompts à la réaction et bien informés pourra imposer un véritable entrelacement de l’énorme machinerie industrielle et militaire de la défense avec nos méthodes et nos buts pacifiques, de telle sorte que sécurité et liberté puissent prospérer ensemble.

(…)

Pour chaque vieux tableau noir il y a maintenant des centaines d’ordinateurs. La perspective d’une domination des spécialistes de notre nation par les emplois fédéraux, les budgets attribués aux projets et le pouvoir de l’argent, [cette perspective] est bien présente et doit être considérée avec gravité.

Cependant, tout en apportant à la recherche et scientifique le respect que nous leur devons, nous devons également être attentif à un danger à la fois aussi grave et opposé, à savoir que l’ordre public puisse devenir captif d’une élite scientifique et technologique. C’est la tâche de l’homme d’état que de mouler, équilibrer, intégrer toutes ces forces, anciennes et nouvelles, aux principes de notre système démocratique – en visant toujours à atteindre les buts suprêmes de notre société libre.

Un autre facteur de maintien de l’équilibre implique l’élément de temps. Alors que nous envisageons la société future, nous devons – vous et moi et notre gouvernement – éviter la tentation de vivre seulement pour le jour qui vient, pillant pour notre propre aisance, et à notre convenances les précieuses ressources de demain. Nous ne pouvons pas hypothéquer les actifs de nos petits-enfants sans risquer de dilapider également leur héritage politique et spirituel. Nous voulons que la démocratie survive pour les générations qui viennent, non pour devenir le fantôme insolvable de demain.

Sur ce long chemin de l’histoire qu’il reste à écrire, l’Amérique sait que notre monde, toujours plus petit, doit éviter de devenir une redoutable communauté de crainte et de haine, et, au contraire, tendre à être une confédération fière dans la confiance et le respect mutuels. Une telle confédération doit être composée d’égaux. Le plus faible doit pouvoir venir à la table de conférence avec la même confiance que nous, protégés que nous sommes par notre force morale, économique, et militaire. Cette table, même si elle porte les cicatrices de nombreuses frustrations du passé, ne peut pas être abandonnée pour l’atroce douleur qu’on rencontre à coup sûr sur le champ de bataille.

Le désarmement, dans l’honneur et la confiance mutuels, est un impératif permanent. Ensemble nous devons apprendre à composer avec nos différences, non pas avec les armes, mais avec l’intelligence et l’honnêteté des intentions.

Puisque cette nécessité est si cruciale et si évidente, je confesse que j’abandonne mes responsabilités officielles dans ce domaine avec beaucoup de déception. Pour être de ceux qui ont assisté à l’horreur et à la tristesse prolongée de la guerre, de ceux qui savent qu’une autre guerre pourrait totalement détruire une civilisation qui s’est si lentement et douloureusement construite pendant des milliers d’années, j’aurais voulu pouvoir dire ce soir qu’une paix durable est en vue.

(…) À tous les peuples du monde, j’exprime une fois de plus le souhait et la prière de l’Amérique :

Nous prions pour que les peuples de toutes fois, de toutes races, de toutes nations, puissent voir leurs plus principaux besoins satisfaits. Pour que ceux qui actuellement n’ont pas cette occasion puissent l’apprécier un jour entièrement (…) que les fléaux de la pauvreté, de la maladie et de l’ignorance soient amenés à disparaître de la surface de la terre, et que, avec le temps, tous les peuples viennent à vivre ensemble dans une paix garantie par la force du respect et de l’amour mutuels qui les lient. »


2003/03/19

Robert Carlyle Byrd, né le 20 novembre 1917 et mort le 28 juin 20101, est un homme politique américain, membre du Parti démocrate et sénateur de Virginie-Occidentale au Congrès des États-Unis de janvier 1959 à sa mort.

Il détient un double record dans l’histoire du Congrès des États-Unis :

Il est le congressiste ayant siégé le plus longtemps dans toute l’histoire parlementaire fédérale ; Il détient aussi le record de durée (plus de 50 ans) comme sénateur.

Le 3 janvier 2003, il était devenu le doyen d’âge du Congrès, ayant accédé à cette dignité alors qu’il était âgé de 85 ans.

 

Byrd connaîtra en 2002-2003 une notoriété internationale en s’opposant à la guerre en Irak de George W. Bush. Le 19 mars 2003 (à 86ans), au premier jour de l’invasion de l’Irak, Byrd fait un discours dans le Sénat contre la guerre :

« Envisager la guerre, c’est penser à la plus horrible des expériences humaines. En ce jour de février, alors que ce pays se trouve au bord de la bataille, chaque américain, à quelque niveau, se doit de considérer les horreurs de la guerre.

Cependant, cette chambre est en majeure partie silencieuse, sinistrement, terriblement silencieuse. Il n’y a pas de débat, pas de discussion, pas de tentative de présenter à la nation les ‘pour’ et ‘contre’ cette guerre particulière. Il n’y a rien. (…)

Et ce n’est pas une petite conflagration que nous envisageons. Ce n’est pas une simple tentative de désarmer un bandit. Non. Cette bataille à venir, si elle se concrétise, représente un tournant dans la politique étrangère américaine et éventuellement dans celle de l’histoire mondiale récente.

Cette nation est sur le point de s’embarquer dans le premier test d’une doctrine révolutionnaire appliquée d’une façon extraordinaire à un moment regrettable. La doctrine de prévention* (l’idée que les Etats-Unis ou toute autre nation puisse légitimement attaquer une nation qui n’est pas éminement menaçante mais qui pourrait l’être dans le futur) représente une nouvelle tournure radicale dans l’idée tradtionnelle d’auto-défense. (…)

Ce gouvernement, maintenant au pouvoir depuis un peu plus de deux ans, doit être jugé sur ses résultats. Je crois que le résultat est sombre. (…)»


2012/06/19

Ronald Ernest Paul (né le 20 août 1935) est un homme politique américain, membre du Parti républicain, représentant du Texas à la Chambre des représentants (de 1976 à 1985, et de nouveau depuis 1997).

Selon une étude du journal New American parue en 2006, est de tous les membres de la chambre des représentants et du Sénat le plus « libéral », c’est-à-dire partisan d’une faible intervention de l’État dans la vie privée des différentes composantes de la société (citoyens, entreprises,…).

« Depuis des mois, nous sommes submergés par des plans, des rumeurs et une propagande guerrière visant à attaquer la et à destituer Assad. La semaine dernière, le Pentagone a fait savoir qu’il avait finalisé ses plans dans ce but [NYTimes]. (…)

À mon avis, toutes les preuves avancées pour justifier cette attaque sont fausses. Elles ne sont pas plus crédibles que les prétextes invoqués pour envahir l’Irak en 2003 ou attaquer la Libye en 2011. » (…)

La sécurité nationale ne justifie en rien une telle escalade insensée de la violence au Moyen-Orient. En ce qui nous concerne, il est indubitable que nos intérêts sécuritaires seraient mieux servis si nous restions totalement à l’écart du conflit interne qui sévit actuellement en . (…)

Nous nous sommes déjà trop impliqués en soutenant, à l’intérieur même de la , les forces désireuses de renverser le gouvernement actuel. Sans l’ingérence étrangère, il est probable que le conflit – actuellement désigné par « guerre civile » – n’existerait pas. (…)

Une fois de plus, nous sommes sur le point d’engager une action militaire contre la tout en réactivant, de façon irresponsable, la guerre froide avec la Russie. Nous sommes maintenant engagés dans un « combat de coqs » avec la Russie qui représente une menace beaucoup plus grande contre notre sécurité, que la .
(…)

Nous sommes hypocrites quand nous condamnons les Russes qui protègent leurs intérêts dans leurs propres secteurs, exactement comme nous l’avons fait nous-mêmes à des milliers de miles de nos côtes. Nous n’avons aucun intérêt à former le camp adverse et à secrètement fournir une assistance et encourager à la guerre civile, dans le but de changer le régime en .(…)

Maintenant, la plupart d’entre nous reconnaissent que la guerre planifiée contre la n’est que l’étape précédant l’attaque du gouvernement iranien, ce que les néoconservateurs ont ouvertement admis.

Contrôler le pétrole iranien, comme nous l’avons fait en Arabie saoudite et avons tenté de le faire en Irak, est le véritable objectif des néoconservateurs qui ont été en charge de notre politique étrangère ces deux dernières décennies.(…)

Cette crise fabriquée peut facilement échapper à tout contrôle et se transformer en une guerre beaucoup plus grave que la simple routine et changement de régime, que le peuple américain s’est habitué à accepter ou à ignorer (…).


Sources : RonPaul.com / EurasiaReview.com / JP-Petit.org / WikiPedia/Robert_Byrd/Ron_Paul/Complexe_militaro-industriel/Dwight_David_Eisenhower


BONUS:

Doit-on vraiment « s’emparer » de l’Iran ?
Après l’Afghanistan et l’Irak, voilà peut être venu le tour de l’Iran

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vomi
vomi
3 juillet 2012 0 h 51 min

burp

Cavaclusaz
Cavaclusaz
4 juillet 2012 22 h 07 min

Bravo pour ce post, très intéressant !

anono
anono
5 juillet 2012 0 h 55 min

ou sont les tenants et les aboutissants de ces discours??? ou diable sont passées les analyses critiques??? fort intéressant, ce post? mon œil.

ext4
ext4
5 juillet 2012 1 h 02 min

Il manque Rockefeller : “We are grateful to the Washington Post, The New York Times, Time Magazine and other great publications whose directors have attended our meetings and respected their promise of discretion for almost forty years. It would have been impossible for us to develop our plan for the world if we had been subject to the bright lights of publicity during those years. But, the world is now more sophisticated and prepared to march toward a world government. The super-national sovereignty of an intellectual elite and world bankers is surely preferable to the national auto-determination practiced in past… Lire la suite »

Kira
Kira
5 juillet 2012 1 h 21 min
Camille
Camille
5 juillet 2012 12 h 35 min

"né le 20 novembre 1917 et mort le 28 juin 20101"
Petite faute il me semble 😉

MrKrylau
5 juillet 2012 20 h 24 min

@vomi > ?? Problèmes digestifs : les solutions ! http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2004/sem01/mag0109/sa_7342_digestion_problemes_traitements.htm @Cavaclusaz > C'est un plaisir de faire partager des découvertes! @anono … mon œil > « Il ne faut pas se faire borgne pour rendre un autre aveugle. » @ext4 … VOSTFR > “Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, Time Magazine et d'autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de DISCRÉTION DEPUIS presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de DÉVELOPPER NOS PLANS POUR LE MONDE si nous avions été assujettis à l'exposition publique durant toutes ces… Lire la suite »