Et si on s’occupait de nos vieux

Que faire pour vieillir heureux?

Les vieux, nos vieux, sont de plus en plus nombreux et la société fait beaucoup pour eux, soins à domicile, aide ménagère, livraison des repas, sans compter les multiples associations et structures bénévoles.

Notre société s’efforce de prendre soin des personnes âgées, grâce notamment aux services à domicile. Mais souvent, cela ne suffit pas à rompre la solitude.

Temps Présent est allé à la rencontre de ce monde caché, un monde insoupçonné… un monde qui dérange….

Un reportage de Emmanuelle Bressan et Dominique Clément
Image : Walter Hug Son : Charles Wicki Montage : Roland Joseph

Cette solitude des vieux qui nous saute à le figure ne serait-elle pas un signal d’alarme d’une société qui part à la dérive ? Des familles dispersées, des voisins stressés, des pouvoirs publics démunis…

Oubliés. Isolés. Insultés. En France, 35 000 personnes âgées seraient maltraitées. Une maltraitance qui a lieu au domicile, mais aussi parfois en maison de retraite. Personnel sous qualifié, absence de soins médicaux, structure sans contrôle, selon Hubert FALCO, l’ancien ministre délégués aux personnes âgées, il y aurait actuellement  » plus de 200 000 places indignes en maison de retraite  » ! Que se passe-t-il exactement dans ces établissements ?

Une journalistes c’est infiltrée pendant plusieurs semaines dans une maison de retraite. Dans la peau d’une stagiaire aide soignante, équipée d’une micro caméra cachée, elle a pu filmer tout ce qu’elle a vu et entendu.

Durant l’enquête, l' »infiltrée » a également recueilli la parole de nombreux soignants. Cela ne fait aucun doute : ils sont dépassés. Sans moyens, ni formation adéquate, ces professionnels, payés une misère, sont à bout !

 

2012/10/08
… Dans son ordonnance de non-lieu, la juge a reconnu que le reportage avait « mis en lumière certains agissements contestables », liés au « contexte de manque d’effectifs » qui a « conduit à une dérive dans les missions assignées aux divers intervenants ».
Mais « les investigations diligentées, les nombreuses auditions des témoins, des résidents, des personnels, ainsi que les expertises médicales, n’ont pas permis d’étayer l’existence d’infractions pénales », poursuit la magistrate …

On a coutume de dire que les seniors en maison de retraite n’intéressent plus personne. Aujourd’hui, ils sont pourtant au centre d’un marché florissant où de grands groupes font fortune.

Enquête de santé ouvre ce dossier brûlant avec le documentaire La Ruée vers l’or gris, un débat en direct et les réponses aux SMS des téléspectateurs.

La Ruée vers l’or gris

. Débat

4/5/6

 

QUELQUES CHIFFRES
• Personnes dépendantes d’ici à 2040 : 1,2 million.
• Retraite moyenne des Français : 1  200 euros mensuels.

• Coût moyen mensuel d’une place dans une maison de retraite : 1 400 euros dans le public et 2 100 euros dans le privé. 80 % des personnes âgées ne peuvent pas payer ce qui reste à leur charge.Dans 20 ans nous serons deux fois plus nombreux au delà de 80 ans….

 

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La société japonaise vieillit dramatiquement et commencera à décliner dans les prochaines années. Mais le pays s’organise, et crée une nouvelle économie de la vieillesse…

Le robot Paro, est employé dans certaines cliniques et centres de soins européens.

L’arrivée des robots dans le domaine de l’assistance aux personnes âgées est nécessaire du fait de l’allongement de la durée de vie et la réduction des effectifs de soignants. De plus, une grande majorité de seniors préfère continuer à vivre à son domicile plutôt qu’aller en maison de retraite.

Heureusement, les entreprises et chercheurs qui travaillent dans le domaine de l’assistance robotique aux personnes âgées, sont nombreux.

Mais qu’entend on par un « robot d’assistance aux personnes âgées » ?

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Euthanasie : La controverse Attali
 

« Mais dès qu’on dépasse 60/65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. »

« D’où ]e crois que dans la logique même de la société industrielle, l’objectif ne va plus être d’allonger l’espérance de vie, mais de faire en sorte qu’y l’Intérieur même d’une durée de vie déterminée, l’homme vive le mieux possible mais de telle sorte que les dépenses de santé seront les plus réduites possible en terme de coûts pour la collectivité. Alors appareil un nouveau critère d’espérance de vie : celui de la valeur d’un système de santé, fonction non pas de l’allongement de l’espérance de vie mais du nombre d’années sans maladie et particulièrement sans hospitalisation.

En effet, du point de vue de la société, il est bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle ne se détériore progressivement.

C’est parfaitement clair si l’on se rappelle que les deux tiers des dépenses de santé sont concentrées sur les derniers mots de vie. De même, cynisme mis à part, les dépenses de santé n’atteindraient pas le tiers du niveau actuel (175 milliards de francs en 1979) si les individus mouraient tous brutalement dans des accidents de voiture. Ainsi force est de reconnaître que la logique ne réside plus dans l’augmentation de l’espérance de vie mis dans celle de la durée de vie sans maladie …

L’euthanasie sera un des instruments esentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figures.

Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c’est la liberté et la liberté fondamentale c’est le suicide ; en conséquence, le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société. Dans une société capitaliste, des machines à tuer, des prothèses qui permettront d’éliminer la vie lorsqu’elle sera trop insupportables ou économiquement trop coûteuse, verront le jour et seront de pratique courante. Je pense donc que l’euthanasie, qu’elle soit une valeur de liberté ou une marchandise, sera une des règles de la société future. » ».

[Jacques Attali, 1981 – L’Avenir de la vie, p.268-274]

 

De telles propositions découlent de façon naturelle des thèses collectivistes : votre vie ne vous appartient pas, elle appartient à la collectivité, qui vous soigne et veille sur vous. Donc pourquoi prolonger votre vie, si vous n’apportez rien à la communauté ?

L’utilitarisme peut aussi conduire à de telles conclusions, puisque l’euthanasie, par suppression de la souffrance, peut conduire à une augmentation du bonheur agrégé. On est bien loin de l’euthanasie comme choix individuel face à la souffrance, mais on est bien près du totalitarisme dans toute son inhumanité.

Il faut donc distinguer deux sens possibles (et opposés) pour le terme d’euthanasie : le droit de mourir dans la dignité, choix volontaire, et ce que Murray Rothbard appelle le « droit de tuer dans la dignité », exercé pour des raisons comptables ou utilitaristes par des administrations, des médecins, voire approuvé par la justice, qui fait totalement fi du consentement du patient.

Ceux qui veulent mourir se tournent vers Dignitas.

La Suisse est le seul pays au monde qui permet aux étrangers de venir mourir sur son territoire. Depuis 1998, plus de mille personnes ont déjà fait le voyage à Zurich pour mourir avec Dignitas, fondée par l’avocat controversé Ludwig Minelli.

Temps Présent a obtenu un accès quasi illimité au travail de Dignitas et leur reportage exceptionnel tente de mieux comprendre ce tourisme de la mort.

Un reportage de Emmanuelle Bressan Blondeau et Jean-Bernard Menoud
Image : Patrice Cologne Son : Beat Lambert Montage : Patrick Guignet

 


Sources : RTS.ch/TempsPresent/1168599/2867405 / WikiBeral.org / Nicolas-Denis.net / NeuroPsychologie.fr

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Marco
Marco
22 octobre 2012 2 h 31 min

Je n'ai pas encore lu le sujet dans son intégralité, ni même regardé les vidéos, mais c'est un sujet très intéressant et un article qui a le mérite d'exister sur ce site.

MisterProvoc
MisterProvoc
22 octobre 2012 5 h 44 min

Faut arrêter avec "les vieux". Vu ce que ca coute à l'Etat, je pense qu'une bonne canicule ferait du bien à notre économie.

Nonyme
Nonyme
22 octobre 2012 17 h 39 min

J'avais déjà vu cette vidéo de "mort assisté" en Suisse. Ca fait tout drôle… Quant à la solitude, il n'y a rien de nouveau mais il faut aussi savoir que beaucoup de fils/filles laisse leur "vieux" comme de la merde sans s'en occuper sous prétexte que "j'ai une vie active donc pas le temps de m'occuper de toi". Et les problèmes d'oseille, pareil, rien de nouveau. Même au moment du décés il y a encore une histoire d'argent pour les funérailles. Pour les riches, une belle pierre tomballe, pour les moins riches, un morceau de bois et le nom écrit… Lire la suite »