Filmés aux toilettes et diffusés sur You Tube !

De pire en pire, voilà que la nouvelle occupation de certains abrutis est de placer des caméras dans les toilettes et de filmer des personnes à leur insu pour ensuite les diffuser sur le Net ou faire chanter les victimes, scandaleux !!

De nombreuses plaintes sont arrivées au parquet de Bruxelles. Récemment, trois jeunes ont été interpellés

BRUXELLES Il suffit de regarder un peu autour de soi pour constater que n’importe qui possède un GSM. Et cette vérité vaut surtout pour les ados fanas de technologie qui ont non seulement un téléphone portable qui leur sert à passer des appels mais qui peut également être utilisé comme appareil photo et même comme caméra. Le tout tenant dans une poche et pouvant être sorti dès que l’on en ressent l’envie.

Et c’est bien ça le hic ! L’envie de l’un n’est peut-être pas celle de l’autre. Résultat : les plaintes se multiplient au parquet de Bruxelles !

« Nous avons effectivement reçu de nombreuses plaintes de particuliers filmés à leur insu dans des scènes de la vie quotidienne », nous explique le magistrat. « Des scènes relativement embarrassantes de par la nudité même partielle de la victime ou bien de l’endroit où la scène a été filmée. » Les toilettes, par exemple ! On peut effectivement bien comprendre qu’être surpris aux toilettes ne doit pas être très plaisant. Imaginez alors qu’on vous menace de diffuser la scène, même si elle ne dure que quelques secondes, sur Internet, en particulier sur You Tube…

C’est ce qui est arrivé à de nombreuses personnes. « Elles ont décidé de porter plainte et c’est exactement ce qu’il fallait faire. » Un geste courageux qui n’est, certes, pas facile à entreprendre. C’est la raison pour laquelle on ne peut pas parler de raz de marée de plaintes, mais sans doute du sommet de l’iceberg. « Il faut en effet savoir que l’on a été filmé et surtout savoir que la scène est diffusée sur You Tube. » Et puis, surtout, si on est avisé, il faut avoir le courage de se rendre au commissariat et de parler de cette situation pour le moins embarrassante puisque la scène sera forcément vue par les autorités…

Avisé de plusieurs cas similaires dans lesquels les victimes étaient menacées de diffusion, le parquet de Bruxelles a décidé de réagir. « Une des victimes a reçu un appel lors duquel on lui a expliqué la scène filmée. On lui a dit qu’elle sera diffusée. Ensuite, l’auteur a dit : on te rappellera. » Comprenez entre les lignes : si tu ne veux pas que ce soit diffusé, il faudra trouver des arguments. De l’argent, par exemple. « Cela s’appelle de l’extorsion. »

Trois personnes ont été interpellées. « Il s’agissait de connaissances. Trois mineurs au moment des faits mais qui sont à présent majeurs. » C’est bien cela qui est pervers. La victime connaît en général les gens qui filment soit aux toilettes, soit sous un banc de classe (sous les jupes des filles), soit lors d’une fête un peu trop arrosée, où l’on se dénude parfois. Les scènes intimes qui sont sans doute anecdotiques sur le moment peuvent prendre un caractère odieux si elles sont diffusées. Et davantage encore si l’extorsion a été utilisée.

« Les trois jeunes interpellés ont expliqué qu’ils n’avaient pas l’intention de faire du mal. » On l’espère… Si simplement ils avaient pensé à une petite phrase simple : ne fais pas aux autres ce que tu n’as pas envie qu’on te fasse, ils n’auraient sans doute pas sorti leur caméra.

Source : Emmanuel Praet de dhnet.be

 

Les risques?

À coup sûr, certains, en lisant ces lignes, vont se dire que ce n’est quand même pas si grave que cela, que c’est même drôle.

Pourtant, la justice ne rit pas. « Pour que le parquet puisse agir, il faut dans un premier temps que la personne filmée puisse être reconnue. » Que l’on voit son visage, donc. « Si ses nom et prénom sont indiqués, alors là d’office il y a matière à poursuivre. » Exemple : si vous donnez comme nom à la scène Patrick Vanpiperzeel aux toilettes et qu’on peut en plus le reconnaître.

Mais quels sont les risques ? « D’un point de vue pénal, on peut parler d’atteinte à la vie privée, d’attentat à la pudeur, de divulgation méchante et s’il y a des menaces en plus de diffusion, on pourrait rajouter extorsion », nous confirme le magistrat.

Ça, c’est pour l’aspect pénal avec à la clé des peines de prison et des amendes. « Il ne faut pas négliger l’aspect civil où, là, les personnes lésées pourraient réclamer des dommages et intérêts conséquents. »

 

 

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