Un gendarme zélé empêche un homme de voir une dernière fois son père mourant

Attention, j’espère que vous avez le cœur bien accroché car cette histoire est absolument effroyable et pathétique.

Source : France Inter

Alors qu’il voulait dire adieu à son père mourant, un homme a été contraint de faire demi-tour par un gendarme qui jugeait son motif de déplacement non-valable, après avoir parcouru les 300 km qui le séparaient de sa destination, située à l’île de Ré.

« Patrice, il faut que tu viennes, ton père ne va pas bien du tout ». Lorsqu’il reçoit l’appel de sa belle-mère, le vendredi 3 avril, Patrice Dupas comprend qu’il est temps d’aller au chevet de son père, 82 ans, à qui les médecins ont diagnostiqué un cancer généralisé, quelques semaines plus tôt.

Parti le samedi matin en voiture, Patrice Dupas est contrôlé une première fois à la sortie de l’autoroute : « Je montre mon attestation classique de dérogation, ‘motif impérieux’. Le gendarme me pose la question de la raison de mon voyage, j’explique que mon père est en phase terminale d’un cancer, que je viens le voir. Il me répond ‘allez-y, pas de problème, bon courage’. »

Une fois franchi le pont de l’île de Ré, il ne reste à cet habitant du Loir-et-Cher que 3 km pour arriver jusqu’à chez son père. Il ne les franchira pas. « J’arrive de l’autre côté, re-contrôle de gendarmerie. À la rigueur, je le conçois et je trouve que c’est normal, nous sommes là pour faire attention. Je me dis que ça va durer 30 secondes. Mais ça n’a pas duré 30 secondes : je suis tombé sur un maréchal des logis, tout à fait poli et courtois, comme moi je l’étais ».

« En regardant mon attestation, il me dit ‘vous ne passez pas, ce n’est pas impérieux, on n’a pas le droit d’aller visiter les anciens dans les EHPAD. Je réponds que mon père n’est pas dans un EHPAD, il est en hospitalisation à domicile et il est en phase terminale d’un cancer. Sa réponse : ‘Non, non, vous ne passez pas, je vous mets une amende. »

La belle-mère de Patrice Dupas tente d’expliquer la situation au gendarme, par téléphone. Suivie du médecin de son père, qui décline son identité et précise l’état de son patient. Sans succès, le militaire n’a, selon la réponse rapportée par Patrice Dupas, « pas le temps et des contrôles à faire ». Des appels à la gendarmerie locale, aux élus et à la préfecture n’y changeront rien : nous sommes samedi, les administrations sont soit sourdes pour l’une d’elle, soit fonctionnent au ralenti pour les autres.

Après cinq heures de négociations et coups de téléphone, Patrice Dupas renonce aux adieux à son père. Ce dernier décédera mercredi matin, soit 4 jours plus tard, sans que Patrice n’ait pu lui dire au revoir.

Il a finalement été autorisé à aller lui rendre visite, mais à la chambre funéraire :

« J’y suis allé avec l’attestation de décès, comme ça, ça passait plus facilement. Je n’ai pas vu de gendarmes. »

Ce genre d’histoire, on les compte par dizaines depuis quelques jours dans les médias. Je vous laisse le cœur noué, avec cette bande-annonce du film allemand « L’expérience », véritable chef d’oeuvre d’anticipation, à regarder en cette période de confinement imposé à notre corps défendant :

« Restez chez vous », qu’ils disaient !

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