Découvrez comment Julien Blanc, coach en séduction, est devenu l’ennemi public numéro 1 du web

https://twitter.com/search?q=%23takedownjulienblanc&src=tyah

Ce coach en séduction suisse est depuis le 2 novembre dernier la cible d’un mouvement de contestation hors-norme.

C’est autour du hashtag #TakeDownJulienBlanc que des milliers d’internautes se sont jurés de faire tomber le business de ce spécialiste de la séduction.

Julien Blanc est ce qu’on appelle un pick-up artist

Les PUA sont des coach en séduction relativement prospères, qui se sont fait connaître lors de l’avènement du « pick-up », une pratique venue des Etats-Unis, qui a envahit le monde, et dont l’essence tourne autour de la séduction, du lifestyle et de l’affirmation de soi en tant qu’homme, au travers de communautés au départ secrètes (via des forums de discussion), qui se sont muées en blogs, puis en coaching rémunéré.

Retour sur un business lucratif

Les représentants les plus célèbres de ce mouvement furent Neil Strauss, avec son best-seller The Game, mais aussi Mystery, ou encore David Deangelo. En France, les sites les plus connus du genre sont FTS (pionnier du genre), Art de Séduire, Séductionbykamal (qui avait lui aussi été au centre d’un bad buzz), ainsi que Spike Séduction (qui s’est spécialisé dans le coaching vestimentaire, le développement personnel et professionnel, et la sociologie des rapports H / F). Evidemment, s’ils sont issus de la même mouvance d’origine, ces sites français n’ont absolument rien à voir avec l’affaire qui nous concerne ici.

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Conséquence d’une société hybride et schizophrène, oscillant entre féminisme castrateur et libéralisme économique réduisant les rapports H / F à des relations de marché, ces conseils en séduction ont connu un franc succès auprès de la « Génération Bref » : ces hommes adulescents souvent couvés qui n’ont pas forcément le courage d’affronter le jugement des femmes, beaucoup plus exigeantes que dans le passé.

Ces communautés jadis secrètes et souvent mal vues du grand public se sont peu à peu rendues fréquentables, en s’éloignant petit à petit du coaching US tourné vers ce qui doit être dit à la femme pour mieux l’avoir (des techniques jugées comme misogynes par le grand public), et en se recentrant sur des conseils plus pragmatiques liés à l’image de soi, au choix des vêtements à porter et au self esteem.

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Néanmoins, certains coachs ont préféré rester dans des techniques plus cash. Julien Blanc en fait partie. La presse s’était déjà intéressée à ce consultant qui fait payer jusqu’à 3000 dollars la place pour assister à son séminaire, mais n’avait jusque là rien trouvé de choquant. Jusqu’à ce qu’une féministe japonaise décide de compiler en vidéo des extraits chocs de ce coach en séduction. D’où un bad buzz phénoménal autour du personnage.

https://twitter.com/RSDJulien/status/520526142319919105

La vidéo qui a choqué le web

En plus d’être sexiste, la vidéo a été jugée comme raciste : la partie « séminaire » est tirée d’une vidéo intitulée « un homme blanc baise des femmes asiatiques à Tokyo ». Face au public, Julien Blanc explique comment exploiter les différences culturelles entre l’Occident et le Japon pour coucher avec des Japonaises. Apprendre à de jeunes hommes peu sûrs d’eux comment coucher avec des filles, c’est son métier répète-t-il sur son site « Pimp ».

http://youtu.be/grV1iDns87s

« A Tokyo, si vous êtes un homme blanc, vous pouvez faire ce que vous voulez », commence le coach. Il conseille ainsi à ses disciples de ne pas hésiter à « attraper les filles par le bras » et même à « mettre leur tête entre ses jambes ».

« Au début, je ne savais pas jusqu’où je pouvais aller, mais deux jours plus tard, je me baladais dans la rue, je pouvais les attraper par la tête, et les pousser devant ma bite, à crier « Pikachu » en portant un t-shirt Pikachu, c’était ridicule! Même en abordant un groupe, je les attrapais une par une, je n’ai jamais été aussi heureux. » Selon ce « pick up artist », le nom que se donnent ces « experts en séduction », il suffit ensuite de prononcer le mot « love hotel » et de conduire la jeune femme dans l’un de ces lieux dédiés au sexe.

Ensuite, on peut voir Julien Blanc saisir de jeunes femmes et leur faire mimer une fellation en boîte. Des images qui ont fortement déplu aux internautes, assimilant cela à du harcèlement sexuel.

Du Japon, aux Etats-Unis en passant par la France, des anonymes se sont organisés autour du mot-clé #takedownjulienblanc. Depuis dimanche, plus de 7700 tweets ont été envoyés avec ce hashtag, dans le but de faire fermer ses profils sur les réseaux sociaux, et faire couler son entreprise.

Près de 20 000 personnes ont déjà signé une pétition, ce qui a fait plier un hôtel de Melbourne qui devait l’accueillir le 6 novembre pour un séminaire.

De son côté, le site MadmoiZelle en appelle à la Secrétaire d’État chargée des Droits des femmes, afin qu’elle intervienne « globalement contre les Pick Up Artists, pour que plus aucun garçon ne se sente le devoir de réussir à séduire », et « qu’aucune fille ne devienne la victime d’un agresseur qui s’ignore, persuadé d’être un bon séducteur ». Le site de préciser :

La « philosophie » des Pick Up Artists est dangereuse pour les filles, et nocives pour les garçons. Pourquoi sont-ils encore autorisés à répandre et promouvoir leur propagande à la limite de la légalité ? Ces auto-proclamés « experts en séduction » exploitent et perpétuent la culture du viol. Quand les arrêterons-nous ?

Sur le net, les insultes continuent de pleuvoir à son encontre, que ce soit sur Twitter, ou carrément sur son profil Facebook, où des internautes lui expriment une haine sans limites. L’intéressé ne s’est pour l’instant pas exprimé sur le sujet.

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