« Le Diable L’Emporte » est sortit dans vos librairies

ldle-livre_1_.jpgA l’occasion du centenaire de la naissance de Ian Fleming, le créateur original de James Bond, Sebastian Faulks sort un nouvel opus de Bond et reprend les aventures du célebre espion anglais là où Fleming s’était arrêté 43 ans plus tôt. INTERVIEW DE L’AUTEUR.

L’histoire de ce nouvel opus intitulé « Le Diable L’Emporte » se déroule pendant la guerre froide. Faulks reprend les critères du « Bond romancé » pour une toute nouvelle intrigue écrite à la manière de Ian Fleming. Il fait voyager 007 sur 2 continents et l’entraine vers des lieux et des destinations très contrastées.

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Sebastian Faulks a répondu a une interview pour le magazine littéraire LIRE disponible sur lire.fr. EVO.com vous lire quelques extraits :

LIRE. Quel est, pour vous, le meilleur roman de Ian Fleming? S.F. J’adore Moonraker. Il est différent des autres. Le dénouement se passe en Angleterre. J’aime également Au service secret de sa Majesté – mais surtout certains passages car aucun James Bond n’est parfait. Dans quelques-uns, Fleming introduit une dimension de danger national qui me plaît. Si Bond n’agit pas, on frôle le conflit international. Mais le rythme est souvent trop lent. D’autres sont des histoires criminelles, comme Les diamants sont éternels, Vivre et laisser mourir ou Goldfinger. Bond est alors un flic, il essaie de démanteler des gangs. Ces histoires sont plus enlevées, mieux rythmées. Mon ambition était de lier les deux styles, écrire une intrigue avec le rythme rapide des romans criminels, et traversée par la sensation de danger des romans d’espionnage de Fleming.

Comment définiriez-vous le style de Fleming? S.F. Ce n’est pas très difficile à cerner. Mes études de littérature anglaise et d’analyse de textes m’ont bien aidé. En fait, Fleming écrit comme un journaliste. Les phrases sont courtes. Il y a peu d’adjectifs, peu d’adverbes. Il utilise beaucoup de verbes actifs. C’est le style d’un journaliste de quotidien. Bien sûr, il possède sa propre idiosyncrasie. Il se lance dans de longues descriptions lorsqu’il parle de trains, d’avions, de bateaux. Il décrit plus les machines que les femmes! 1 Ce fut très facile de me fondre dans son style. Certains écrivains sont difficiles à parodier. J’ai essayé avec John Grisham mais ce fut impossible car il n’a pas de style propre. Pour Le diable l’emporte, j’ai lu un article de Ian Fleming «Comment écrire un thriller» et cela m’a énormément aidé. Il y décrivait sa routine quotidienne et révélait son secret: écrire vite, à raison de 2 000 mots par jour. Il passait peu de temps aux corrections. Le truc, pour lui, c’était d’écrire coûte que coûte, garder le rythme, ne pas s’arrêter. Il achevait un James Bond en six semaines. J’ai suivi ses consignes: j’ai écrit 2 000 mots par jour et j’ai rédigé mon roman en six semaines.

Pourquoi avoir choisi l’Iran? S.F. Je voulais avant tout un pays non utilisé par Ian Fleming. Il me fallait un peu d’originalité. Je ne pouvais pas choisir le Japon, par exemple. Fleming n’aimait pas du tout le Moyen-Orient, ce qui est surprenant car dans les années 1960, le Liban, par exemple, était un endroit considéré comme «glamour». J’ai voulu que mon roman se déroule dans un pays intéressant à l’époque, mais également aujourd’hui. L’histoire se passe en 1967 et l’Iran d’alors était en paix. On y parlait de voitures, de discothèques, de cocktails. Les femmes n’étaient pas voilées. Quarante années se sont écoulées depuis. Les lecteurs vont se dire: «Ah bon, l’Iran c’était comme ça? Waouh!» Il y a aussi l’Union soviétique. Bond avait déjà effectué un bref séjour en Russie. J’ai voulu le replonger dans ce pays, montrer à quel point c’était dangereux pour lui, en pleine guerre froide. C’est une contrée si vaste. Même si les jeunes lecteurs ne se souviennent pas du communisme, ils savent toutefois que la Russie est un pays menaçant, puissant et imprévisible, où règne le crime. Si vous demandez à un politicien occidental quels sont les pays qu’il redoute le plus au monde, la Russie et l’Iran arriveront en tête de ses réponses. C’est pour cela que je les ai choisis.

Vous sentez-vous des points communs avec Ian Fleming? S.F. Je n’ai pas trop fouillé dans sa vie. Pour être franc, je n’en avais ni le temps, ni l’envie. Ce n’est un secret pour personne: Ian Fleming n’était ni heureux, ni très sympathique. Je ne voudrais pas offenser sa famille mais on a souvent parlé d’un homme tourmenté et pas toujours apprécié. Ce qui m’a intéressé, avant tout, c’est James Bond. Dans ce pays – c’est terrible -on a oublié que les écrivains créent des histoires, des personnages. Pour les journalistes, ce qu’écrit un auteur est fatalement autobiographique. C’est de la pure fainéantise intellectuelle!

POUR PLUS DE RENSEIGNEMENTS SUR JAMES BOND (films, romans, bandes originales…) RDV sur http://jamesbondworld.skyrock.com

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Mourad
Mourad
7 juin 2008 14 h 50 min

Super intéressant cet interview !! Quel est ton james bond préféré au ciné Sentenza ?