LES WC à l’école : QUELLE HONTE !

 

Voilà ce que titrait le Parisien d’aujourd’hui concernant un rapport de l’Observatoire national de la sécurité des établissements (ONS) au sujet des toilettes dans les écoles élémentaires.

Comme dirait l’un des dirigeants de l’ONS : « nous avons levé le voile sur quelque chose dont personne ne voulait parler ».

« LUNETTES CRASSEUSES, verrous démontés, papier aux abonnés absents, manque absolu d’intimité… « , pour ne citer que ça.

 

Ce n’est pas la première fois que les WC scolaires sont pointés du doigt. Plusieurs générations d’élèves pourraient témoigner de leur saleté. En 2003, la FCPE, principale fédération de parents d’élèves, avait osé, pour la première fois, briser le tabou.

Depuis, les langues se sont déliées. Pas seulement celles des enfants ou des parents, mais aussi celles des médecins, qui s’alarment de l’importance des pathologies liées, pour partie au moins, à l’indigence des toilettes scolaires : infections de la vessie (21,6 % d’élèves concernés selon l’enquête), constipation aiguë ou chronique (15,1 %), sans parler des fuites urinaires. Près de 19 % des élèves admettent être allés chez le médecin. Alors, sujet mineur, les WC ? Aujourd’hui, plus personne n’oserait ricaner. « Le problème ne doit plus perdurer », insiste Marie-Hélène Bourcheix, coordinatrice de l’enquête. « J’espère que notre rapport sera le point de départ à une vraie prise de conscience ».

 

Vous l’aurez compris, au-delà de la saleté des WC, c’est toute la sphère psychologique qui est prise en compte ; les élèves se refusent à aller aux WC même s’ils ont une envie pressante, ce qui entraine des dommages organiques.

 

Ceux qui me connaissent savent toute l’importance que j’accorde à l’hygiène et à la propreté. C’est pourquoi je relaie cette information. Mais, content que l’ONS se soit intéressée aux écoles élementaires, sachant que les plus petits sont les plus vulnérables aux maladies pré-citées, il serait maintenant envisageable de se porter sur les établissements des moins petits, voire des plus grands.

En effet, de ce qu’on a pu voir comme images, les WC décrits comme « insalubres », « honteux », « non fonctionnels », « sans papiers toilettes », et aux odeurs « nauséabondes » paraissent effectivement refléter ces descriptions. Mais si l’on se réfère maintenant aux WC de lycées, voire de facultés, on y trouve de très fâcheuses surprises.

 

Par exemple, dans le cas de la prestigieuse faculté de PARIS 1 – La Sorbonne (université de renommée internationale), on se rend compte dans quel état PITOYABLE sont certains de ses WC. Lunette défoncée, papiers toilettes inexistants (il faut les imaginer, c’est un nouveau concept, ou alors ramener ses propres rouleaux avec soi ?), graffitis de mauvais goûts (« suce sal*** » ou « fac de merde, on t’en**** sarko** »), savons introuvables (les bacs de savons sont pourtant là, mais ils sont vides depuis plusieurs années déjà).

Celà ne semble en rien affoler la direction de cette université, puisqu’elle laisse ses toilettes pourrir, et ne prend aucune mesure pour une remise en état. A moins que ces messieurs jouissent de toilettes privées, à leur niveau ?

Certains mécontents ont voulu demander quelques comptes auprès de l’administration de la fac, mais personne ne sait qui gère vraiment ce dossier, et la nonchalance omnisciente de tous les dirigeants abordables de cette université découragerait n’importe quel Hercule en quête de justice. La Sorbonne semble être tout aussi réputée pour son aversion à la propreté que pour son administration brillante. D’ailleurs, le terme « administration » est totalement inadapté, selon l’avoeu propre de certains étudiants, puiqu’elle reste jusqu’ici quasi introuvable. Certains affirment que l’une de leurs secrétaires est « de retour dans 15 minutes », selon le post-it apposé sur la porte de son bureau, et ce depuis maintenant 3 mois.

 

Revenons une petite seconde au problème qui nous préocuppait : les WC. Certains étudiants (provinciaux et étrangers surtout, les parisiens, eux, semblent s’être accomodés) se plaignent de ne pouvoir aller aux WC, ou de devoir traverser tout le quartier pour atteindre un autre bloc (15 minutes de marche pour faire pipi, record battu) afin de trouver des WC « convenables ». D’autres étudiants préfèrent ricaner à ce sujet, et semblent aimer la saleté dans laquelle ils se retrouvent, poussant certaines âmes encore un tantinet éclairées à croire qu’il s’agit là d’un lien social. La saleté, qu’est-ce que ça rapproche !

 

Pour ceux qui voudraient un petit avant goût des WC de l’université PARIS 1 -La Sorbonne (photos trouvées sur des sites de réseaux sociaux, dans lesquels les étudiants les font tourner eux-même pour dénoncer le manque d’hygiène) :

 

Parfois, les petits soucis quotidiens sont de bons indicateurs d’une société en mal de vivre. Les Français des grandes agglomérations jouissent malheureusement d’une image négative en province ou à l’étranger. Les comportements des dirigeants de ces établissements n’agissent pas du tout dans notre intérêt. Non content de voir partir tous les étudiants aisés dans le privé, nos dirigeants laissent à l’abandon les rares qui optent encore pour un enseignement public. Certaines familles se demandent maintenant pourquoi elles paient des inscriptions à l’université, puisque les diplômes sont de moins en moins valorisés, les campus de moins en moins valorisants, et l’administration de moins en moins existante.

 

En quoi la saleté a-t-elle un quelconque rapport avec les problèmes d’administration, me direz-vous ? Me serais-je égaré dans mes pensées iconoclastes ? Pas du tout, chers lecteurs. Il s’agit là de mettre en exergue le côté « je m’en foutiste » dans laquelle les universités semblent s’être fourrées, délaissant leurs propres étudiants, avec leurs WC, leurs petits problèmes d’emploi du temps ou d’absences, ou encore leurs chaises ou tables manquantes ou tout simplement inutilisables voire dangereuses.

 

Si l’on résolvait, en partie au moins, la somme de nos petits problèmes de tous les jours, plutôt que de vouloir tout résoudre en grand, alors arriverions-nous peut-être à vivre plus heureux ?

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