Monsanto/OGM: le danger pourrait bien être réel … et dans nos assiettes !

Après une étude publiée par le magazine américain Food and Chemical Toxicology, Monsanto se retrouve au cœur d’un scandale concernant le maïs NK603, génétiquement modifié, qui serait à l’origine d’un développement rapide de tumeurs cancérigènes lorsque sa consommation est régulière.

Mardi 18 septembre : le magazine Food and Chemical Toxicology dévoile les résultats d’une étude : « Long Term Toxicity of a RoundUp Herbicide and a RoundUp-Tolerant Genetically Modified Maize », menée par deux chercheurs français, le professeur Gilles-Eric Seralini et Joël Spiroux, membre du CRIIGEN, le Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie Génétique. L’enquête s’est déroulée sur une période de deux ans, dans la plus grande clandestinité : appel crypté comme au Pentagone, aucun contact téléphonique entre eux pour éviter tout soupçon des grandes multinationales.

Et cette étude aboutit sur des conclusions accablantes, révélées en France par le Nouvel Observateur, pour Monsanto, entreprise américaine spécialisée dans la production de semences génétiquement modifiées. Les deux chercheurs français, basés à Caen, ont étudié les effets du maïs NK603 – organisme génétiquement modifié pour résister aux herbicides à base de Glyphosate, notamment présent dans le RoundUp, produit phare du groupe Monsanto – sur deux cents rats répartis sur trois groupes : un groupe nourri avec le maïs NK603 seul, un second avec un maïs non OGM et du RoundUp, puis un troisième avec les deux substances combinées. « Un an après le début des examens, tous les cobayes présentaient des pathologies en tout genre : tumeurs, cancers, … » affirme Joel Spiroux dans L’Express. La mortalité est ainsi multipliée par deux chez les femelles et l’on voit des tumeurs grosses comme des balles de ping-pong et atteignant 25% du poids du rat apparaître. « Nous devions euthanasier les rats dont la tumeur était trop importante pour que l’animal puisse survivre » a indiqué le professeur Seralini dans les colonnes du Monde.

Le maïs ingurgité par les rats ne dépasse pas 11% de l’alimentation du rat, mais même à faible dose, la toxicité de cet organisme génétiquement serait importante selon les conclusions des deux scientifiques. A titre de comparaison, un an pour un rongeur équivaut à 40 années de la vie d’un humain. A la fin du 24ème mois, ce qui correspond à la fin de la vie d’un rat, entre 50 et 80% des rats nourris au maïs NK603 sont touchés par ces pathologies très lourdes contre seulement 30% pour les sans-OGM affirme le Journal du Dimanche. Mais les pathologies étant détectées bien plus tôt dans la vie du rat, la question est de savoir comment le corps humain peut réagir face à la toxicité de ce maïs, si toutes fois les accusations sont fondées et les résultats bien réels.
Et aujourd’hui, la population commence à s’inquiéter du résultat de cet étude car cet OGM se retrouve dans nos assiettes au travers d’aliments tels que les œufs, la viande ou encore le lait, c’est-à-dire des produits de consommation quotidienne. Et les produits en contact avec cet OGM étant très nombreux et très utilisés, la part de la population susceptible d’être affectée pourrait être importante. Et bon nombre d’individus s’interrogent sur la responsabilité de Monsanto et des instances sanitaires dans cette affaire et sur la recevabilité ou non des résultats de l’étude

Pourquoi ces résultats arrivent-ils seulement maintenant ? Il est vrai qu’aucune précédente recherche n’avait abouti aux mêmes résultats. « Nombreuses études n’ont jamais révélé d’effets toxiques ou dangereux à long terme » rappelle l’AFBV, Association Française des Biotechnologies Végétales, sur le site de l’AFP. Mais Joël Spiroux tient à préciser au journal Libération que « c’est au bout de quatre mois que les premiers symptômes et cas de mortalité sont apparus ». Or, les instances sanitaires mondiales n’ont demandé à Monsanto de ne faire des essais que sur une période de 90 jours. Financés par la fondation Charles Léopold Mayer et l’association Ceres pour une période de très longue durée, les résultats révélés cette semaine ont pu être plus concluants que ceux d’autres enquêtes.
Les ministères français de l’Agriculture, de la Santé et de l’Environnement, dirigés respectivement par Stéphane Le Foll, Marisol Touraine et Delphine Bartho, ont fait part de leur mécontentement au journal LeMonde sur «l’insuffisance des études toxicologiques exigées par la règlementation communautaire en matière d’autorisation de mise sur le marché de produits transgéniques ».

Aujourd’hui, l’entreprise Monsanto garde globalement son silence même si le porte-parole de la compagnie américaine a souligné, pour défendre son employeur, que «plus de 300 études sur l’alimentation animale, parues dans des revues à comité de lecture, ont confirmé que l’alimentation OGM est aussi sûre que l’alimentation non-OGM». Mais ce qui est sûr, c’est que Monsanto est une nouvelle fois au cœur d’une affaire médiatique. Cette entreprise américaine, fondée en 1901 par John Francis Queeny, était à l’origine une entreprise de produits chimiques. Reconvertie en productrice de semences génétiquement modifiées, Monsanto se présente comme « une compagnie agricole dont l’objectif est de permettre aux paysans de cultiver des aliments plus sains tout en diminuant l’impact de l’agriculture sur l’environnement » selon Nation-Presse.info. Mais derrière cette image de société propre et verte se dissimule de nombreuses affaires ayant défrayé la chronique ces dernières années. En 2001, 3600 habitants d’Alabama aux Etats-Unis poursuivent en justice le groupe Monsanto, qui avait dissimulé avoir déversé pendant plus de 40 ans des milliers de tonnes de déchets dans les rivières, contaminant ainsi les poissons au PCB. Jugée coupable en 2002, la compagnie a versé 700 millions de dollars de dommages et intérêts aux habitants. Confrontée ensuite à l’affaire du Lasso suite à la plainte d’un céréalier français pour fatigue chronique, elle a également subi une controverse en 2010 suite à une étude menée par le magazine Chemical Research in Toxicology, montrant que l’exposition au RoundUp, herbicide le plus vendu au monde, entraîne des malformations. Une fois de plus aujourd’hui, Monsanto est dans la tourmente et relance ainsi le débat sur les organismes génétiquement modifiés.

Nombreux sont les avis sur le développement ou non de cultures OGM sur le territoire européen. Et l’affaire Monsanto permet ainsi de remettre la question au goût du jour, au moment où le gouvernement français se bat pour leur interdiction sur le territoire européen. « Paris défendra l’interdiction de cultures OGM au niveau européen si la menace était confirmée » a ainsi rétorqué le premier ministre Jean-Marc Ayrault au journal Le Point, tout comme Marine Le Pen, leader du Front National, qui souhaite également « l’interdiction d’importer des aliments issus de cultures OGM, y compris pour l’alimentation animale » selon le Figaro. Les écologistes, par la voix de José Bové, se disent ravis que « cette étude montre enfin qu’il est urgent de revoir rapidement tout le processus d’évaluation des OGM ».
Mais les avis divergent et l’AFBV estime que les chercheurs français auraient élaboré une méthodologie expérimentale susceptible de fournir les résultats qu’ils souhaitaient obtenir : « Cette race de rat est particulièrement sujette aux tumeurs mammaires lorsque les ingestions de nourriture ne sont pas contrôlées » affirme l’association sur le site Slate.fr.
Les arguments avancés par l’AFBV n’ont pas empêché une prise de décision immédiate : le pilote de l’enquête, le professeur Gilles-Eric Seralini sera auditionné par les Commissions du Développement Durable ; le ministre de l’agriculture française, Stéphane Le Foll, a saisi l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et la Commission Européenne a ordonné « le gel de l’examen de demande de renouvellement de l’autorisation de culture accordée à Monsanto pour un autre OGM, le MON 810 ».

Cette nouvelle affaire concernant la compagnie Monsanto soulève donc une nouvelle question sur la dangerosité des OGM mais également la responsabilité des instances sanitaires dans la gestion des études sur les substances transgéniques. Et ce cas risque peut-être de devenir le premier d’une longue liste, car comme le rappelle Joël Spiroux dans les colonnes du journal Le Point, « il existe une trentaine de semences comme celle de Monsanto à travers le monde ».

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Anonyme
Anonyme
25 septembre 2012 21 h 20 min

« Nous devions euthanasier les rats dont la tumeur était trop importante pour que l’animal puisse survivre »

Moi pas comprendre. Monsieur tuer rat pour que rat vive ?

bob
bob
25 septembre 2012 21 h 50 min

Mec fais un effort!

Si vraiment toi pas comprendre, on devrait peut etre t'euthanasier toi, dont la connerie est trop importante pour que tu puisses vivre correctement

Anonyme
Anonyme
25 septembre 2012 21 h 54 min

Ok moi compris. Formulation monsieur pas claire du tout du tout du tout.

Anonyme
Anonyme
25 septembre 2012 21 h 56 min

Moi penser que virgule et bonne ponctuation pouvoir tout changer.

Anonyme
Anonyme
25 septembre 2012 22 h 01 min

Eh oui ,leur plan est 500 000 sur terre, pas 6 milliards, faut bien inventer d trucs pour nous tuer

Jodi
Jodi
25 septembre 2012 22 h 30 min

Il faut interdire tout ce qui vient de monsanto en europe et vite, leur but est de tout controler!*

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=zv-UvuNRh_Q

MrKrylau
25 septembre 2012 23 h 32 min

"Monsanto répond concernant l'étude sur rat française" … une étude … prétend avoir constaté des effets négatifs sur des rats de laboratoire … Cette étude ne respecte pas … Les résultats ne sont pas … les conclusions ne sont pas … Des toxicologues et des experts de santé publique ont identifié des problèmes fondamentaux … les données présentées ne permettent pas … IL N'Y A AUCUN MECANISME PLAUSIBLE EXPLIQUANT LES RESULTATS … De très nombreuses données sur animaux et in vitro (en éprouvette), ont montré que le glyphosate ne cause pas de cancer ou de tumeurs, et n'est pas un… Lire la suite »

betty boop
betty boop
1 octobre 2012 14 h 49 min

Connaissant leurs méthodes, si ça se trouve, ils détournent l'attention sur Monsanto pour nous refiler en douce d'autres saloperies dont on ignore encore complétement l'origine.