Otages tués au Niger: C’est Nicolas Sarkozy qui a donné l’ordre aux forces spéciales d’intervenir

Fiasco de l’opération de sauvetage: pourquoi ne pas avoir négocié?

C’est donc le président Nicolas Sarkozy en personne qui, depuis la Martinique, a donné l’ordre aux forces spéciales françaises d’intervenir pour intercepter les ravisseurs des deux otages français, Antoine de Léocour et Vincent Delory.

On sait maintenant que cette décision a mené à la mort des deux otages. Pourtant, toute la classe politique semble faire bloc autour de cette décision « légitime et nécessaire » (F. Hollande), qui part du postulat que de toute manière, « la plupart du temps, AQMI ne négocie pas » (Hervé Morin). Donc si je comprends bien, les terroristes organisent toute une opération périlleuse de prise d’otages pour… ne pas négocier ? OK, c’est nouveau, je ne connaissais pas ce concept. De plus, AQMI avait bien une revendication lors de l’enlèvement des 5 français en novembre dernier: celle du retrait des troupes françaises en Afghanistan.

Par ailleurs, il semble difficile de savoir, au moment du rapt, s’il s’agit bien de terroristes islamistes d’AQMI ou bien d’une bande qui officie à titre purement crapuleux (il s’agirait en fait d’intermédiaires payés par AQMI).

Enfin, si l’on prend l’hypothèse que l’opération de sauvetage avait été une réussite, qu’en aurait-il été du sort réservé aux cinq autres otages toujours retenus dans le Sahel, vraisemblablement par des terroristes de la même mouvance (AQMI) ?

Depuis la mort des deux otages français au Niger, les médias et la classe politique font passer un message bien vicieux, selon lequel nos deux français paient en fait une sorte de message d’intransigeance de la France envoyée aux terroristes. Si cela est vrai, ne vaut-il pas mieux le laisser sous-entendre sans le dire de façon décomplexée ? Comble du cynisme et de la mauvaise foi, cette déclaration déplacée d’une source militaire, selon laquelle « l’opération » terroriste a « échoué », et que l’opération française est une réussite (sic!):

« Le message qui a été envoyé aux ravisseurs était clair, fort, délibéré et voulu comme tel. Ça suffit ! Nous disons aux ravisseurs : nous vous pourchasserons et nous vous détruirons, y compris si nos otages y perdent la vie. Je suis bien sûr navré pour ces morts de deux compatriotes. Mais je le dis : c’est une opération réussie. »

Seulement voilà, c’est bien beau d’essayer de se rassurer en se disant qu’on a envoyé un message fort aux terroristes (en faisant tuer deux français pour lesquels on est « navré »), mais on oublie qu’on s’adresse à des terroristes complètement perturbés que ni la mort ni ce genre d’opérations n’effraient. Il y a donc fort à parier que le message qui leur a été envoyé reste lettre morte.

Il faut également rappeler la raison qui a poussé à la décision d’intervenir. Ce n’est pas tant l’intervention militaire qui est condamnable (après tout, si cela avait marché, ça aurait été la bonne décision), mais plus la raison qui a poussé à cette décision, à savoir l’objectif de montrer aux terroristes que la France n’est pas une démocratie « molle, peureuse, frileuse », et qu’il faut faire « passer la peur dans le camp d’en face », pour reprendre les mots très durs de Christophe Barbier. Un tel objectif n’est évidemment pas louable sur le plan moral, puisqu’il justifie clairement le sacrifice des otages à travers la prise de risque maximum au nom de l’honneur de la France et d’une hypothétique sécurité future des expatriés.

Outre le message d’intransigeance, c’est encore plus le lieu du rapt (en pleine capitale) qui a poussé Nicolas Sarkozy et le président nigérien à prendre cette décision politique : « un kidnapping à 700 mètres de la présidence, pour nous c’est un affront insupportable » dixit un officier nigérien, qui relate là le besoin des autorités du Niger de ne pas faire passer leur capitale pour une passoire à terroristes (au prix de la vie des otages). En outre, c’est dans une logique de vengeance que cette prise d’otage a été faite: le chef d’Al Quaïda voulait venger ses combattants morts lors de l’opération visant à libérer Michel Germaneau.

Quoiqu’il en soit, la solidarité avec le gouvernement sur cette décision est de mise, à une exception près : Paul Quilès, l’ancien ministre socialiste de la Défense, qui s’est interrogé lundi sur les circonstances de l’opération militaire franco-nigérienne. «Je suis moins affirmatif que tous ceux qui s’expriment avec, semble-t-il, des certitudes que nous n’avons pas. Quelle certitude avons-nous sur l’origine des ravisseurs ? Sur la façon dont la décision a été prise ? Quel était le risque encouru ?», s’est-il interrogé sur France Inter. «De tout ceci, nous ne savons rien. Donc, il est difficile de dire de façon péremptoire : oui, c’est cela qu’il fallait faire», a-t-il poursuivi, souhaitant «qu’il y ait des réflexions à froid sur cette question du terrorisme».

Bref, pour conclure sur cette argumentation, si les deux otages avaient été des personnalités qui pèsent (politiques, dirigeants d’une grosse multinationale commençant et finissant par A), est-ce que la décision d’intervenir militairement de façon précipitée aurait été choisie ?

Antoine de Léocour et Vincent Delory, les 2 otages tués au Niger, sacrifiés au nom du message d’intransigeance ?

0 0 vote
Évaluation de l'article

Noter la qualité du post

S’abonner
Notifier de
guest
33 Commentaires
Le plus populaire
plus récent plus ancien
Inline Feedbacks
View all comments
super ce site!
super ce site!
10 janvier 2011 16 h 35 min

ok, dans ce cas qu’est ce qu’on aurais dis si l’Etat avais negocie et les otages quand meme tués: pourquoi n’avions nous pas intervenus?
svp arretez cette critique de sarkozy sur tout et n’importe quoi sans jamais aucun raisonnement concret. Prenez un peu plus de recul au lieu de taper comme des debiles sur le meme type depuis bientot 4 ans

yeaah
yeaah
10 janvier 2011 16 h 46 min

Bonne décision, ne jamais céder contre la barbarie.
Et on ne dit pas combien de gens on été sauvés grâce à des décisions comme celles là.

kris
kris
10 janvier 2011 17 h 14 min

Même si les otages sont morts, l’intervention était une bonne chose. Si Aqmi voit que c’est super facile et peu risqué d’enlever des français, le risque d’enlèvement pour les ressortissants français va s’accroitre. Là au moins, ils se sont bien fait plomber.

Aurel
Aurel
10 janvier 2011 17 h 30 min

A un moment donné on peut pas laisser les barbus faire ce qu’ils veulent, mais le pb c’est qu’ils n’ont pas peur de mourir

Philou
Philou
10 janvier 2011 17 h 36 min

Le chef de l’État est aussi celui des armées, il est donc dans son rôle en donnant l’ordre aux forces spéciales d’intervenir. Ses services sont dans le leur en élaborant une doctrine pour légitimer le choix d’une telle décision, doctrine qui sera répétée à l’envi par les serviteurs de l’État, ministres et services de presse compris. Il y a, comme dans toute opération engageant des forces spéciales, des éléments sur lesquels le public ne sera pas informé, à commencer par l’objectif de leur mission. Était-elle de libérer les otages ou d’anéantir le commando des ravisseurs ? Nous n’en savons rien,… Lire la suite »

Macounet
Macounet
10 janvier 2011 18 h 14 min

Est on sûr que ce sont bien les ravisseurs qui ont tué les otages? Ne serait se pas l’armée française qui, dans sa finesse légendaire, aurait tiré et bombardé dans le tas? Je vois mal les ravisseurs descendre leur monnaie d’échange.

...
...
10 janvier 2011 18 h 19 min

En même temps les gars, il choisit pas tout seul. Sur ce coup, il a du être conseillé par le chef des opérations au Niger, qui pensait gérer le coup.

stouff
10 janvier 2011 18 h 21 min

dire que c’est une opération réussie n’est ce pas mépriser la vie de ces deux jeunes compatriotes?
Bien sûr la responsabilité de leur tragique destin est en premier lieu sur les épaules du groupuscule qui a commis l’enlèvement, mais il parait tout de même évident que selon les concernés (otages) on ne se comporte pas de la même manière, les décisions qui prises au sommet ne sont pas les mêmes.
Une pensée pour les familles de ces deux jeunes.

d a r t h
d a r t h
10 janvier 2011 18 h 30 min

Sarkozy est une racaille à la poutine : en cas de prise d’otage on ne négocie pas on butte tout le monde au nom de la « puissance de la France »

nerull
nerull
10 janvier 2011 18 h 37 min

ENfin on montre qu’on ne negocie pas ! Fini de se faire marcher sur les pieds !

Quand ils comprendront qu’on en à rien à branler de leur chantage , ils arrêteront !

MEthode poutine à appliquer !

Ben
Ben
10 janvier 2011 18 h 39 min

Prend le problème à l’envers c’est à dire la situation ou Sarkozy n’a pas intercepté les terroristes alors qu’il pouvait le faire je te raconte pas les critiques qu’il aurait reçu. Il n’est pas possible ni souhaitable de négocier, les terroristes sont des malades, la diplomatie n’a rien à voir là dedans. Les otages sont rarement libérés, soit détenus depuis des mois et des mois soit exécutés. Oui les terroristes veulent négocier, ils veulent le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, c’est parfaitement impossible, ils le savent, par conséquent ils sont dans une logique de terreur et de déstabilisation, bien sur… Lire la suite »

Useless
Useless
10 janvier 2011 19 h 04 min

Sérieusement, vous ne pensez pas à ce que vous dites…. Toutes ces réponses sont bien inutiles, allez donc expliquer aux parents, amis, conjoints, et enfants que ces 2 militaires sont morts et que cela servira d’exemple. Ca ne les fera pas revenir! Pourquoi ne pas tout simplement arreter de sombrer dans la « voyoucratie » commanditée par le chef de l’état ( et des armées, j’admets)? A vouloir agir trop vite, on se brule les ailes. Si personne n’avait bougé?Ou serions-nous? Certainement en train de réflechir avant d’agir, en train de mettre en place une stratégie fiable, sans risques pour sauver ces… Lire la suite »

Anonyme
Anonyme
10 janvier 2011 19 h 33 min

pourquoi ne pas avoir négocié?

reponse: parce que l’otage n’est pas le fils a sarkozy donc il s’enfout

pat
pat
10 janvier 2011 20 h 09 min

Je suis pour l’intervention. Il est évident que les parents auraient été contre mais on peut pas négocié.
négocié = argent et après ce sera sans arrêt des enlèvements pour du frics. Alors y aucune possibilité. Que l’intervention militaire.

moutemoute
moutemoute
10 janvier 2011 20 h 28 min

Qu’ils reposent en paix et que leur projets humanitaires puissent continués. Sinon la méthode à la Poutine je suis pour mais dès la première prise d’otage dans le secteur, sinon il n’y a aucune cohérence (ou alors un vilain calcul) à vouloir négocier pour les ingénieurs d’Areva et se précipiter pour faire assassiner des pauvres humanitaires motivés, surtout quand on est pas des as du commando, cf l’histoire du Skipper du Ponant… Et puis le gros problème est de savoir qui sont vraiment ces « terroristes », si c’est la CIA ou autre service étranger qui les finances en douce histoire de… Lire la suite »

Alanof
Alanof
10 janvier 2011 20 h 29 min

@ Ben: « ils ne peuvent rien tirer du terrorisme sinon de créer la terreur »

Hu hu.

franckybbr
franckybbr
10 janvier 2011 20 h 35 min

Moi aussi,je suis contre la négociation.Ça aurait peut-être sauvé la vie des 2 jeunes hommes,mais ça renforcerait aussi les terroristes.
La règle d’or, est de jamais négocier avec des terroristes point barre.

Clearman
Clearman
10 janvier 2011 20 h 44 min

« Ne négocions jamais avec nos peurs. Mais n’ayons jamais peur de négocier. » Kennedy

Elvis
Elvis
10 janvier 2011 20 h 47 min

négocier avec des terroristes triple lol. On aurait même dû leur servir un cheeseburger pendant qu’ils kidnappaient ces 2 pauvres personnes non ?

Mav'
Mav'
10 janvier 2011 21 h 27 min

Faut arrêter le délire, bientôt ça va être de la faute à Sarko! La seule et unique faute appartient aux terroristes qui ont fait ça, un point c’est tout!

Anonnyme2
Anonnyme2
10 janvier 2011 23 h 12 min

Et toutes les personnes qui disent ici que ça ne se fait pas comme ça quand il y a prise d’otage, si ça se fait, les forces spéciales ont secourus des centaines d’otages, oui des centaines.
Alors arreter de déballer vos pseudo-connaissances apprises dans des jeux vidéo sur la stratégie.

Wytestone
Wytestone
11 janvier 2011 0 h 04 min

Pourquoi on ne parle pas du francais qui s’est fait poignardé à Montpellier?
Il en est mort et son père (poignardé aussi) est entre la vie et la mort.
http://www.midilibre.com/articles/2011/01/03/A-LA-UNE-Un-jeune-homme-poignarde-a-mort-1499052.php5
Ils ne sont pourtant pas allés dans un coin du monde spécialement connus pour son instabilité.
C’est juste affligeant.

PS: Les conseillers de Sarkozy ont eu raison d’ordonner ce commando, mais il faudrait en ordonner ailleurs maintenant.

Jp
Jp
11 janvier 2011 1 h 02 min

Pauvres terroristes.
Ils ont sans doute eu une enfance difficile.
Un père qui les battait, une mère qui se prostituait, bref, une dure vie.

En fait, c’est des gars sympa au fond.

Non, clairement Mk Strait a raison, il fallait négocier.

Faut toujours discuter avec des gens en armes, fanatisés et avec 2 de Qi.
Ca fait avancer les choses.

Au pire, on aurait du tendre l’autre joue et leur donner quelques otages de plus pour les aider.

Non, vraiment, utiliser la force contre des gens aussi gentil et serviables, c’est pas cool !

Scandale
Scandale
11 janvier 2011 1 h 46 min

C’est quoi cet article polémique. Poste le sur lepost.fr mais ici c’est plus de l’info pure où chacun se fait son opinion il me semble.

Anonyme
Anonyme
11 janvier 2011 2 h 30 min

pk parceque c pas des journalistes!!

Anonyme
Anonyme
11 janvier 2011 3 h 51 min

Vive le terrorisme !

Anonyme
Anonyme
11 janvier 2011 8 h 54 min

faut vraiment être débile pour aller aussi loin et prendre autant de risques juste pour baiser une Africaine.
Les petits blancs ont du être vendu aux bandits par la famille de la fille, classique.

superhetero
11 janvier 2011 13 h 59 min

sarko est un enc…comme touts les auteurs des commentaires ci dessus.ce sal nain se croit fort parcequ’il donne l’ordre de repondre par la force aux kidnappeurs sans egards pour la vie des otages (ceci bien a l’abri en vacances au soleil)alors que la vraie force aurait ete de faire semblant de negocier,envoyer des barbouzes chevrones genre bob denard qui auraient delivres les otages « chirurgicalement »en tuant les enturbannes mais pas les francais.mais bien sur pour agir ainsi il faut etre un vrai chef d’etat et pas un petit caracteriel parvennu…..

dtc
dtc
11 janvier 2011 20 h 40 min

superhetero : c’est dans les films ça. reveil!

ces groupes sont hyper mobiles, passent d’un pays à l’autre
ni maison et sans attaches.

« enturbannes » m’ouai…je ne suis pas certains que la religion soient leur motivation première ! ils veulent surtout du fric.
Du bandistime à l’ancienne, leurs ancêtres attaquaient les caravanes de commerçants dans le désert.
Les chamaux sont remplacés par des 4×4.

J’ai jamais été la-bas, je suis peut être a coté de la plaque.

dtc
dtc
11 janvier 2011 20 h 42 min

oups : « banditisme » ; « chameaux »….

nerull
nerull
12 janvier 2011 16 h 00 min

Allez adoptons la pratique bien débile :

on paye des millions , on rend tout le monde content , les otages reviennent.

On envoi le message aux terroristes comme quoi on a des millions à donner et qu’on se chie dessus.
1 mois plus tard , ils recommencent etc etc

PAS DE NEGOCIATION ! ils veront que ca sert à rien d’enlever les gens !

Tim
Tim
13 janvier 2011 0 h 25 min

C’était couru d’avance qu’ils perdraient les otages en intervenant. La dernière intervention il y a quelques mois s’était soldée de la même manière. Je remarque qu’il y a des traitements de faveur pour certains otages détenus depuis bien plus longtemps sans que la moindre intervention n’ai eu lieu. Ne pas céder aux ravisseurs est une chose mais condamner d’office les otages en est une autre.

moi
moi
15 janvier 2011 0 h 34 min

C’est triste pour les 2 français…
Mais c’était ça, ou des années de négociations qui auraient peut-être menées à rien, enfin on ne le saura jamais.
Maintenant les terroristes on compris le truc, et en négociant on finance leur terrorisme.
Mais c’est très dur de condamner des gens vous imaginez même pas la pression que Sarkozy à sur lui…