Quid de la misère sociale en France

Et tandis que nos journalistes se focalisent sur Hollande & Dieudo, le système social dont nous sommes si fiers s’écroule…

Ceci est le témoignage d’une amie qui travaille pour la mairie d’une grande ville de l’est de la France. Je devrais d’ailleurs dire, pour être plus précis, ceci est l’un de ses nombreux témoignages. J’en profite pour rendre hommage à son intégrité et à son investissement, car dans son métier qui consiste, entre autres, à aider certains nécessiteux qui ne s’en sortent pas, peu nombreux sont ses homologues qui font preuve d’autant de professionnalisme.

Loin des clichés des familles arabes qui volent les allocations des bons français, ou des roms relogés dans des hôtels de luxe aux frais du contribuable quand ils sont expulsés de leurs camps, la France « d’en bas », aujourd’hui, n’est pas celle que l’on croit.

Débattre sur le système d’allocation en France, sur l’aide aux retraités, sur l’aide aux mères isolées ou sur l’aide aux travailleurs précaires ne vous fera pas briller en société comme parler de Hollande/Gayet ou Valls/Dieudo, certes. Mais combien de temps va-t-on continuer à ignorer les problèmes les plus urgents? Combien de temps allons-nous continuer à participer à ce bal masqué et mesquin organisé à notre détriment?

Les Français, finalement, n’ont-ils pas que ce qu’ils méritent?

A part se regarder le nombril et profiter bien tranquillement de son petit confort, laisser les pauvres et les exclus crever en toute indifférence, et sortir manifester une fois dans l’année pour une connerie qui n’intéresse que ceux qui ne se demandent pas tous les jours comment ils vont finir la semaine, on fait quoi, nous, en France? En tout cas, on ne s’indigne pas de l’immolation d’un homme comme en Tunisie, non. Un immolé par le feu en France tous les 15 jours.

Dans l’indifférence générale. (lien)

quid1

Journée du 14 janvier: « Nil novi sub sole »

Voilà l’histoire de cette femme, quadragénaire, qui vit une vie de famille presque parfaite. Un mari qui travaille, et qui gagne relativement bien sa vie en tout cas suffisamment pour que le foyer ne bénéficie d’aucune aide d’état, et elle, qui se consacre à l’éducation de leurs trois filles à temps plein.

Mais voilà qu’un jour pas comme un autre, Monsieur demande le divorce et acte ainsi le début de la chute de Madame….

Madame déménage et est suivie par deux de ses filles, l’aînée souhaitant prendre son envol. Elle trouve un logement, difficilement car trop « aisée » pour un logement social et trop « pauvre » pour un logement classique. Elle décide de suivre une formation d’aide soignante, et de prendre des cours au GRETA.

Elle se dit que c’est la première fois de sa vie qu’elle va devoir demander de l’aide à l’état, elle va même jusqu’à se dire qu’elle en a honte.

Mais voilà, la CAF cafouille, confond les allocataires, oublie de compter un enfant, verse une aide mais pas une autre, à des montants totalement anarchiques, envoie des courriers contradictoires….

Madame me demande de l’aide, je demande, sous couvert du cachet de mon employeur (cela va sans dire), au directeur de a CAF de reprendre son dossier à zero. Une médiatrice de ses services me téléphone pour m’annoncer qu’effectivement il y a eu erreur dans la gestion du dossier mais que celle-ci va être rapidement rectifiée et qu’un versement sera effectif dès le lendemain.

Le lendemain Madame m’appelle, me remercie, et me dit qu’elle va pouvoir souffler… Enfin.

Il se passe environ un mois sans que je n’aie de nouvelles….ce matin, je l’ai eue 17 minutes au téléphone, en pleurs. Excédée, dépitée, déçue, triste, et désarmée..elle m’explique que la CAF rectifie toutes ses erreurs, parce qu’il n’y en aurait pas eu qu’une. Voilà que le RSA de Madame est ponctionné……dans sa totalité, pour rembourser un trop-perçu de la CAF. Elle n’a donc absolument plus aucune source de revenus si ce n’est la pension alimentaire de Monsieur (qui ne prend qu’une des deux filles en compte, puisque la 2ème a rejoint sa mère plus tard). Comble de malheur et de tragédie (n’est-ce pas!) une de ses filles entame des études par alternance, et est donc rémunérée à hauteur de 380€/mois…Et cette (énormissime) somme d’argent est prise en compte dans le calcul des ressources de Madame.

Elle n’a plus rien…..elle ne peut plus manger, ni nourrir ses filles, ni poursuivre sa formation…Dommage elle était presque terminée ! Ni entrevoir un avenir.

Elle m’a dit se sentir abandonnée… Par les assistantes sociales du Conseil Général qui, selon elle, « ne sont jamais là, parce que souvent en arrêt maladie ou en congé maternité », abandonné par l’état à qui elle n’avait jamais rien demandé.

« Je suis écœurée par ce système » m’a t-elle-dit avant de raccrocher, étranglée par les sanglots.

Voilà un échantillon, parmi tant d’autres, de notre pays, notre belle France si paradoxale…..Un pays « solidaire » ? Un pays qui ose parler de « répartition égalitaire des richesses » ? Des générations successives de politiques qui nous entraînent tous au fond du gouffre avec le sourire et la vaseline.

Un pays qui s’attache plus aux émois d’une première maîtresse de France cornue, et aux guerres judéo-arabes intestines, stériles et chroniques dont tout le monde se fout finalement, plutôt que d’aller sonder « la France d’en bas », de la diagnostiquer et de la guérir.

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Nonyme
Nonyme
18 janvier 2014 19 h 00 min

C’est pas nouveau ce genre de situation.

Barabas?
Barabas?
18 janvier 2014 20 h 14 min

L’article commence bien, se déroule bien, mais la petite « pique » à la fin « et aux guerres judéo-arabes intestines, stériles et chroniques dont tout le monde se fout finalement » est inutile, trop orientée (judéo-arabe uniquement 😀 , ah bon?) et dessert l’ensemble. Pour le reste, à savoir, la responsabilité des peuples de ne pas s’intéresser aux sujets graves, elle décroit en fonction du niveau de propagande que ces peuples subissent, mais elle ne peut être nulle bien évidemment. Il reste toujours le « libre arbitre » qui nous permet de dire qu’ en effet, dans une certaine mesure nous avons ce que nous… Lire la suite »

Anonyme
Anonyme
18 janvier 2014 20 h 42 min

Je sais pas qui a écrit ce pavé mais je pari qu’il a sa carte au FN ou UMP…

DRAGO
DRAGO
18 janvier 2014 21 h 32 min

http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/marx-karl-manifeste-du-parti-communiste.html
tres interessant a relire avec des yeux actuels( ou ecouter dans ce cas precis ) , tout est dedans !
le demantelement de la classe moyenne en deux classe distincte , la mondialisation , la surproduction , l’oligarchie dominante , la bourgeoisie capitaliste , l’industrie actuelle , l’économie de marché , les crises economiques , la paupérisation proletaire etc …..
ils ont exactement décris le systeme capitalisme mondial actuelle 150 ans auparavent !

k3b4b
k3b4b
20 janvier 2014 1 h 27 min

@Nonyme:
« Nil novi sub sole »
@Barabas?:
Concernant la phrase de conclusion qui picote tu auras compris qu’elle faisait référence à la polémique autour de Dieudo’ et les sujets qui sont forcément abordés avec.
Pour le reste, on est d’accord. Je n’ai pas lu ce livre mais de ce que tu m’en dis nous avons le même point de vue.
@Anonyme & y:
Oui oui. Et j’ai aussi un costume de SS pour mes parties fines au Maroc avec des petits garçons.
https://www.eteignezvotreordinateur.com/cyberdemocratie/
@DRAGO:
« Le capital » fait partie de mes livres préférés avec « La ferme des animaux » 😉

Anonyme
Anonyme
20 janvier 2014 11 h 43 min

 » aux guerres judéo-arabes  »
alors je vais être tatillon, mais ça serait pas plutôt « judéo-islamiques » ou « islamo-judaïques » ?
Parce que je rappel que « arabe » et « juif » sont loin d’être incompatibles 🙂

k3b4b
k3b4b
20 janvier 2014 18 h 36 min

@débat sur l’immigration J’estime que c’est complètement hors-sujet ici. Mais précisons quand même que Marx n’a jamais parlé d’immigrés dans le sens « venant d’un autre pays » dans ses écrits: Histoire d’être précis: « Des circonstances particulières favorisent l’accumulation tantôt dans telle branche d’industrie, tantôt dans telle autre. Dès que les profits y dépassent le taux moyen, des capitaux additionnels sont fortement attirés, la demande de travail s’en ressent, devient plus vive et fait monter les salaires. Leur hausse attire une plus grande partie de la classe salariée à la branche privilégiée, jusqu’à ce que celle-ci soit saturée de force ouvrière, mais,… Lire la suite »