Ripoux – L’expérience d’un ancien journaliste Francilien

L’actu sur la Bac de Marseille me remémore l’époque du gang des braqueurs de dealeurs ayant sévit sur la région parisienne durant la période 1999-2003.

Tout avait commencé lorsqu’une source m’avait alerté sur le fait qu’un narco poids lourd du milieu francilien avait été braqué a son domicile en Essonne et que cela allait surement déclencher une guerre des gangs sans précèdent en Ile de France. Seulement voilà : pas de représailles, pas de vengeance, pas de guerre de gangs. Et pour cause, une source proche de l’affaire me communique que le trafiquant ne saurait de qui se venger car ni lui ni personne n’a idée de l’identité des auteurs. Je décide donc d’abandonner le papier mais quelques mois plus tard, un gros point de vente se fait braquer quartier de l’Europe à Aulnay-sous-Bois. Des coups de feu sont tirés et mon boss de l’époque m’envoie voir s’il n’ya pas de quoi faire un papier là-dessus. Mon contact local me communique qu’il n’y a presque rien à se mettre sous la dent, a part le fait que les « victimes » ont semblé reconnaitre les voix des braqueurs les ayant déjà rançonnés quelques mois auparavant. J’apprends donc qu’il ne s’agit pas d’un simple règlement de comptes mais bien d’une « activité » de gang : braquer des dealeurs. Je fais marcher tous mes contacts, j’ai confirmation que le braquage de l’Essonne a bien été commis par les mêmes et que c’est un véritable casse-tête pour les enquêteurs.

Ce groupe aux techniques ultra-rodées bénéficiant d’informations ne pouvant provenir que d’investigations poussée telles que des écoutes téléphoniques avait ébranlé différents services (BSU, BRB) qui officiaient a l’époque sur le département de Seine-Saint-Denis. En effet, bien que les fuites contrôlées ou incontrôlées soient monnaie courante dans la vie d’un service d’enquête et d’investigations, la structure des actions de ce gang avaient amené les enquêteurs à rapidement soupçonner un regroupement de policiers actifs ou non. Cela avait d’ailleurs provoqué une sorte de guerre des polices sur les communes de Sevran, Mitry-Mory, Tremblay-en-France et Aulnay-sous-Bois. Certains membres du groupe avaient été identifiés mais n’avaient aucun lien présent ou passé avec quelconque service de police et étaient ainsi surveillés pendant plusieurs mois mais là aussi, rapidement informés, ils ont cessé toute activité et muselé toute communication.

Ainsi, plusieurs services de Seine-Saint-Denis, Paris, Nanterre et Versailles enquêtaient sur un seul et même groupe. Tout ce précipita lors des assassinats de R. L. alias « Angelo » et de son lieutenant, des figures du milieu montreuillois alors soupçonnés d’êtres les informateurs principaux du gang sur les gros deals de la région dont ils étaient parfois acteurs. R. L. était déjà sous surveillance pour une autre affaire lorsque son corps a été retrouvé carbonisé à son domicile incendié de Saint Denis. Là encore, pour un élément censé être sous surveillance, l’affaire fit tache au sein des services. Son lieutenant a quant a lui été abattu presque simultanément porte de Bagnolet au guidon de sa moto.
La PJ de Versailles pris alors l’initiative d’arrêter et d’entendre 3 membres présumés du gang, afin de tenter de rassembler des informations sur des liens présumé avec un ou plusieurs services de police. Faute d’éléments à charge, ils furent relâchés à l’issue de gardes à vue prolongées mais d’après les enquêteurs versaillais, 2 des 3 hommes étaient solidement préparés à l’interrogatoire et il était certain qu’ils savaient qu’ils allaient être arrêté et questionnés, mais pire encore : ils connaissaient presque le contenu des différents interrogatoires menés pendant leur garde a vue et avaient manifestement préparé les arguments a l’avance. Problème : seul un nombre restreint d’OPJ avait préparé le coup de filet. S’en est suivi une bataille de communication entre certains cadres de la police réclamant une enquête de l’IG et les OPJ dénonçant des fuites venant « d’en haut ». En l’état, il fut difficile de mettre en lumière les responsabilités mais le fait est que les mêmes cadres qui réclamaient l’intervention de l’IG savaient en fait parfaitement que l’affaire était dans les mains de l’IG depuis le début, c’est-à-dire depuis qu’il a été décelé que le gang était « curieusement bien informé ».

Ce récit n’est que la partie visible du schéma complet, les résultats de l’enquête de l’IG, s’il y en a eu, n’ont jamais été publiés. Il y eu également une vague inhabituelle de mutations dans les services de Bobigny et Versailles. Le meurtre de R. L. ne fût jamais officiellement élucidé et les 3 membres connus du gang ont bénéficié d’obscures immunités dans d’autres affaires annexes.

Cet article est issu de la Tribune Libre. L’opinion exprimée n’engage que son posteur, et en aucun cas l’équipe rédactionnelle du site.

Note EVO : les noms du caïd abattu et des 3 membres présumés du gang, qui apparaissaient dans l’article d’origine ont été censurés et/ou supprimés, pour des raisons déontologiques évidentes.

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Vengeur Masqué
Vengeur Masqué
29 octobre 2012 16 h 59 min

Bonjour. Quelle est la source de cet article SVP ?

john
john
29 octobre 2012 20 h 13 min

cool mais mal écrit