CHOC : Voltaire était-il raciste, antisémite, homophobe et misogyne ?

Depuis quelques temps, Internet a fait resurgir des écrits de Voltaire, le philosophe des Lumières, qui feraient presque de Céline un enfant de chœur.

Ainsi, l’écrivain et philosophe français qui a marqué le xviiie siècle et qui repose au Panthéon, a écrit des notes pour le moins étonnantes, pour ne pas dire choquantes.

S’il faut certes remettre les propos des personnages historiques dans leur contexte et ne pas faire preuve d’anachronisme, il n’en reste pas moins que les propos de Voltaire ont de quoi choquer, même pour l’époque, et qu’étrangement, aucune référence à cela n’est faite à l’école lorsqu’on nous l’enseigne – contrairement à Céline – et très peu d’articles ont abordé le sujet.

Google Suggest n’en fait d’ailleurs aucune référence, bien que de nombreux internautes et auteurs s’intéressent de plus en plus à ce sujet tabou.

Pourtant, un chapitre sur ce sujet lui est consacré sur sa page Wikipédia. Jugez plutôt.

A propos des femmes :

« Les femmes ressemblent aux girouettes, elles se fixent quand elles se rouillent. »

« Plus faibles, les femmes sont plus douces. »

« Les femmes étant plus faibles de corps que nous ; ayant plus d’adresse dans leurs doigts, beaucoup plus souples que les nôtres ; ne pouvant guère travailler aux ouvrages pénibles de la maçonnerie, de la charpente, de la métallurgie, de la charrue ; étant nécessairement chargées des petits travaux plus légers de l’intérieur de la maison, et surtout du soin des enfants ; menant une vie plus sédentaire ; elles doivent avoir plus de douceur dans le caractère que la race masculine. »

 

A propos des Juifs :

« C’est à regret que je parle des juifs : cette nation est, à bien des égards, la plus détestable qui ait jamais souillé la terre. »

« Il est certain que la nation juive est la plus singulière qui jamais ait été dans le monde. Quoiqu’elle soit la plus méprisable aux yeux de la politique, elle est, à bien des égards, considérable aux yeux de la philosophie. »

« Enfin, vous ne trouvez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent. Il ne faut pourtant pas les brûler »

« Ils ne connaissent ni l’hospitalité, ni la libéralité, ni la clémence. Leur souverain bonheur est d’exercer l’usure avec les étrangers ; et cet esprit d’usure, principe de toute lâcheté, est tellement enracinée dans leurs cœurs, que c’est l’objet continuel des figures qu’ils emploient dans l’espèce d’éloquence qui leur est propre. »

 

A propos des homosexuels :

L’homosexualité masculine est pour lui un « sujet honteux et dégoûtant », un « attentat infâme contre la nature », une « abomination dégoûtante », une « turpitude ».

 

A propos des Noirs :

« Les Blancs sont supérieurs à ces Nègres, comme les Nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres. » Voltaire (Traité de métaphysique)

 

A propos de l’Islam :

Sur l’Islam, il change d’avis durant sa « carrière » de philosophe :

Dans sa tragédie Le Fanatisme ou Mahomet, Voltaire considère Mahomet comme un « imposteur », un « faux prophète », un « fanatique » et un « hypocrite »

Plus tard, en 1748, Voltaire, selon René Pomeau, porte un « jugement assez favorable sur le Coran » où il trouve, malgré « les contradictions, les absurdités, les anachronismes », une « bonne morale » et « une idée juste de la puissance divine » et y « admire surtout la définition de Dieu »129. Ainsi, il « concède désormais »126 que « si son livre est mauvais pour notre temps et pour nous, il était fort bon pour ses contemporains, et sa religion encore meilleure.

Voltaire « porte un jugement presque entièrement favorable »126 sur Mahomet qu’il qualifie de « poète »135, de « grand homme » qui a « changé la face d’une partie du monde »136,137 tout en nuançant la sincérité de Mahomet qui imposa sa foi par « des fourberies nécessaires »

Dans l’Essai sur les mœurs, Voltaire se montre également « plein d’éloges pour la civilisation musulmane et pour l’islam en tant que règle de vie »126. Il compare ainsi le « génie du peuple arabe » au « génie des anciens Romains »142 et écrit que « dans nos siècles de barbarie et d’ignorance, qui suivirent la décadence et le déchirement de l’Empire romain, nous reçûmes presque tout des Arabes : astronomie, chimie, médecine »143,144 et que « dès le second siècle de Mahomet, il fallut que les chrétiens d’Occident s’instruisissent chez les musulmans »145.

Il y a donc deux représentations de Mahomet chez Voltaire, l’une religieuse selon laquelle Mahomet est un prophète comme les autres qui exploite la naïveté des gens et répand la superstition et le fanatisme, mais qui prêche l’unicité de Dieu et l’autre, politique, selon laquelle Mahomet est un grand homme d’État comme Alexandre le Grand et un grand législateur qui a fait sortir ses contemporains de l’idolâtrie.

 

Un portrait qu’on se gardera bien de nous enseigner au lycée au sujet de celui qu’on présente comme un éminent philosophe des Lumières !

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