Water Makes Money

Comment les multinationales
transforment l’eau en argent

La plupart des humains ne se rendent compte de la valeur d´une chose que lorsqu´elle leur manque : l´eau fait partie de ces choses. À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, Arte diffuse Water makes money.

Franke et Herdolor Lorenz dissèque dans un documentaire l’eau du robinet… Autrefois gérée par les régies municipales, le système de la gestion de l’eau est devenue privée (=profit$).

@De-privatiser:
La gestion de l’eau est l’exemple type de la conséquence de la privatisation: corruption, hausse des prix, profits à court terme pour les actionnaires. Certaines villes comme Paris ont donc repris la gestion de l’eau à leur compte et baissé les prix. Cela montre que nous devons dé-privatiser les entreprises et mettre en place un nouveau modèle économique où les entreprises appartiendraient à ceux qui y travaillent. Car c’est l’enrichissement privé qui a provoqué l’endettement public.
(Réactions sur le site lemonde.fr)

En France, Veolia et Suez gèrent 80 % de l’approvisionnement en eau dans le cadre de partenariats public-privé (PPP) qui voient les communes rester propriétaires des infrastructures et déléguer l’exploitation aux entreprises privées. Mais alors que ce modèle rencontre un indéniable succès à l’étranger, de plus en plus de municipalités tentent de reprendre le contrôle de l’eau dans l’Hexagone.

Présentation du film de Leslie Franke et Herdolor Lorenz de « Water makes money »

Synopsis:
Tout comme l’air que nous respirons, l’eau est un élément indispensable à la vie. Malgré tout, l’eau reste en proie aux intérêts économiques des entreprises multinationales obsédées par leurs profits…

Dès qu’une commune cherche à remanier sa gestion de l’eau, les deux plus importants groupes mondiaux se disputent le marché. Ensemble, ils constituent un oligopole qui pèse sur toute la surface du globe…

Water Makes Money explique comment les entreprises multinationales s’accaparent la distribution de cet élément vital et créent ainsi une alchimie déroutante : elles transforment l’eau en argent !…

Extraits:

@PhilsoGood:
Bonsoir, ce reportage était plutot intéressant … je travaille dans le traitement des eaux (je vous laisse deviner la société) et je peux vous dire que … le reportage est assez vrai quand aux pots de vin qui sont communément utilisés dans le monde de marchés publics et je peux vous dire qu’il y a bcp à dire …

payer 25% une infrastructure chez un partenaire qui est de combine avec le maire, le politique est une coutume assez courrente, sur de projets de plusieurs millions d’euros je vous laisse deviner qui paie les pots cassés …

je tiens à souligner tout de même qu’ils réalisent des profils exorbitants (rassurez vous rien ne revient aux employés, les actionnaires passent avant) rassurez vous, ils ne sont pas les seuls à nous prendre pour des vaches à lait, EDF a annoncé une augmentation de 30% sur les 5 prochaines années (et on ne changera pas de fournisseur vu qu’ils ont le monopole!!) bonne soirée

Origine du Film:
« Après Eau Publique à vendre, qui portait sur la privatisation de l’eau en Grande- Bretagne et en Allemagne, de nombreuses personnes nous ont suggéré de nous pencher sur la situation en France en nous expliquant qu’il était peu probable qu’un réalisateur hexagonal prenne ce risque, Véolia et Suez étant très présents sur le terrain des médias… » [Leslie Franke]

Alors que chacun subit les conséquences des privatisations, il n’est plus permis d’appeler les choses par leur nom. Les cabinets de conseil frappent à la porte des communes endettées et promettent de nouveaux modèles d’entreprises : « Partenariat public-privé », « Crossborder leasing », « Franchising », etc… « Mais non, il ne s’agit pas de privatiser », affirment-ils, « il s’agit uniquement de gérer votre eau pendant 30, 60 ou 90 ans. Les installations restent la propriété de la municipalité. Les 2000 pages du contrat, inutile de les lire, vous ne les comprendriez pas … »

En France, des opposants à la privatisation sont parvenus à se procurer des contrats et les ont étudiés mot à mot. Ils ont découvert pourquoi groupes et communes ne souhaitaient pas les montrer au grand jour : les entreprises payent le droit de gérer les installations communales avec des crédits mis à leur disposition par ces mêmes municipalités. De plus, les communes sont responsables de toute baisse ou perte de rendement. Autrement dit, les bénéfices sont privatisés et les pertes sont collectivisées, c’est à dire payées par les contribuables…

Water Makes Money montre ce que Paris et d’autres communes de France ont appris de la domination de ces multinationales, véritables « machines à générer du fric »…

Bande annonce:

Un fil citoyen
Avec les privatisations et les partenariats public-privé, l’eau est entre les mains des multinationales. Celles-ci rétribuent leurs actionnaires partout dans le monde. Pour réaliser un film sur les pratiques de ces entreprises, il a d’abord fallu rassembler de l’argent. Water Makes Money a été financé grâce à l’aide de municipalités qui se sont fourvoyées avec ces entreprises, mais aussi grâce à des citoyens qui se battent pour leur eau.

Mais, comme nous l’explique Herdolor Lorenz, cette réalisation citoyenne n’est pas au goût de tout le monde :

« Suite au visionnage de Water Makes Money, Véolia a déposé une plainte contre X pour diffamation, dont le but est d’obtenir des dommages et intérêts. A l’heure actuelle [mars 2011], nous ne savons pas comment cela va évoluer mais nos avocats sont optimistes. »

DOC:


(Allemagne, 2010, 75mn)
ZDF

Info en + : LeMonde.fr/article / Humanite.fr / VoirEtAgir.org / LaMare.org

BONUS: L’eau en bouteille pour qui ?
Comment justifier que les Londoniens boivent de l’eau mise en bouteilles aux îles Fidji quand, dans le même temps, 35 % de la population de ces îles n’a pas d’accès à l’eau potable ? … les dégâts causés à l’environnement par le développement de ce marché sont plus qu’alarmants : chaque année, le seul transport de ces bouteilles du lieu de production au consommateur produit plusieurs centaines de milliers de tonnes de CO2. De son côté, la fabrication des bouteilles de plastique engloutit 1,5 milliard de barils de pétrole. Et enfin, une bouteille sur quatre seulement est recyclée, le reste polluant les sols et les eaux naturelles pour des siècles. Chère victoire du marketing sur le bon sens.

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inconnu01
inconnu01
25 mars 2011 17 h 18 min

Heureusement qu’il est encore des chaines telles qu’ Arte pour nous informer correctement.

inconnu01
inconnu01
25 mars 2011 17 h 19 min

dsl erreur : qu’il existe encore